11/05/2015

Parler pêche, à quoi bon?

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Dans l’imaginaire collectif, les pêcheurs sont des gens sympathiques, qui passent leur temps au bord de l’eau dans le calme et la quiétude.  La première assertion, tout le monde en conviendra, est véridique. La seconde, en revanche, est doublement fausse.

D’une part, la pêche de loisir est une activité dans laquelle les pêcheurs se confrontent à des émotions intenses et uniques, qui vont de la déprime profonde, mais de courte durée, à l’euphorie la plus extrême. (Pour en savoir plus sur ces torrents d’émotion, voir le livre de Jacques-Etienne Bovard : « la pêche à rôder », éditions Campiche.)

 D’autre part, la présence des pêcheurs le long des cours d’eau genevois n’est pas la conséquence d’une désinvolte contemplation de la nature, mais la résultante d’un intense et continu travail pour que l’exercice de la pêche et les conditions d’existence des poissons soient maintenus, voire améliorés. Les sociétés de pêche travaillent ainsi d’arrache pied pour que l’accès aux cours d’eau reste possible et pour que la qualité de nos cours d’eau progresse. Les pêcheurs ne comptent aussi pas leurs efforts pour que l’habitat des poissons soit maintenu, ou pour que la pression des oiseaux piscivores soit compatible avec la survie des poissons les plus fragiles. Ils passent des nuits blanches pour que les poissons puissent circuler librement le long de nos rivières, et rêvent d’un Rhône sans barrage et sans éclusées.

 Dans un canton aussi fortement urbanisé que Genève, dans lequel tous les cours d’eau, à l’exception d’un seul (la Seymaz),  reçoivent leur eau d’un canton ou d’un pays frontalier, le maintient d’une pêche de loisir de qualité est  donc souvent difficile, et les pêcheurs sont parfois proche de la crise de nerf !

Les textes que j’ai l’intention de publier ici ont pour unique objectif de rendre visibles les multiples difficultés auxquels sont confrontés les pêcheurs lorsqu'ils travaillent pour que subsistent dans nos cours d’eau des poissons inféodés aux eaux limpides et claires. L’enjeux est de taille : agir pour que développement économique et environnement de qualité ne soient pas incompatibles.

 C.Ebener