18/05/2015

Bientôt des Oueds à Genève ?

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Imaginez un petit vallon avec de beaux galets blancs et une flaque d’eau de temps à autre. Ici s’écoulait ce printemps la Drize, l’un des cours d’eau riche en truites du canton. Ailleurs, le même spectacle : les cours d’eau genevois sont à sec !

Vous n’êtes pas dans le cauchemar d’un polytraumatisé du réchauffement climatique, mais bien à Genève, en été 2017, et le réchauffement climatique n’y est pas pour grand chose.

Car l’eau n’a pas disparu, mais elle est captée directement à sa source par les communes françaises et ré-injectée ensuite dans le circuit d’eau potable. Un peu plus bas, des pompages retirent l’eau restante pour arroser les précieuses pelouses que les golfeurs genevois aiment tellement arpenter…

Ne nous y trompons pas, ce scénario est parfaitement réaliste, car déjà à l’heure actuelle, environ 30% des débits d’étiage (et parfois nettement plus!) sont captés directement à la sources des petits cours d’eau genevois, auxquels s’ajoutent d’innombrables pompages,  comme vient de le préciser une récente étude commanditée par la Communauté de Commune du Genevois.

Sauver les petits cours d’eau genevois d’une mise à sec annuel ne semble pourtant pas une tâche impossible à surmonter, puisqu’il suffirait que les communes concernées puisent leur eau dans la nappe du Léman, quasi illimitée.

Elle nécessiterait cependant une politique transfrontalière de l’eau volontariste, et force est d’admettre qu’elle ne l'est pas actuellement.

C.Ebener

 

11/05/2015

Parler pêche, à quoi bon?

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Dans l’imaginaire collectif, les pêcheurs sont des gens sympathiques, qui passent leur temps au bord de l’eau dans le calme et la quiétude.  La première assertion, tout le monde en conviendra, est véridique. La seconde, en revanche, est doublement fausse.

D’une part, la pêche de loisir est une activité dans laquelle les pêcheurs se confrontent à des émotions intenses et uniques, qui vont de la déprime profonde, mais de courte durée, à l’euphorie la plus extrême. (Pour en savoir plus sur ces torrents d’émotion, voir le livre de Jacques-Etienne Bovard : « la pêche à rôder », éditions Campiche.)

 D’autre part, la présence des pêcheurs le long des cours d’eau genevois n’est pas la conséquence d’une désinvolte contemplation de la nature, mais la résultante d’un intense et continu travail pour que l’exercice de la pêche et les conditions d’existence des poissons soient maintenus, voire améliorés. Les sociétés de pêche travaillent ainsi d’arrache pied pour que l’accès aux cours d’eau reste possible et pour que la qualité de nos cours d’eau progresse. Les pêcheurs ne comptent aussi pas leurs efforts pour que l’habitat des poissons soit maintenu, ou pour que la pression des oiseaux piscivores soit compatible avec la survie des poissons les plus fragiles. Ils passent des nuits blanches pour que les poissons puissent circuler librement le long de nos rivières, et rêvent d’un Rhône sans barrage et sans éclusées.

 Dans un canton aussi fortement urbanisé que Genève, dans lequel tous les cours d’eau, à l’exception d’un seul (la Seymaz),  reçoivent leur eau d’un canton ou d’un pays frontalier, le maintient d’une pêche de loisir de qualité est  donc souvent difficile, et les pêcheurs sont parfois proche de la crise de nerf !

Les textes que j’ai l’intention de publier ici ont pour unique objectif de rendre visibles les multiples difficultés auxquels sont confrontés les pêcheurs lorsqu'ils travaillent pour que subsistent dans nos cours d’eau des poissons inféodés aux eaux limpides et claires. L’enjeux est de taille : agir pour que développement économique et environnement de qualité ne soient pas incompatibles.

 C.Ebener