11/04/2018

Pourquoi les pêcheurs s’opposent aux seabubbles

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Dans le canton de Genève, si vous souhaitez capturer, pour les manger, des poissons d’une qualité irréprochable, inutile de tergiverser. Le seul plan d’eau qui produit encore naturellement des perches, des feras et des truites pour votre assiette, c’est le Léman. 

Partout ailleurs, si vous lancez une ligne, c’est soit dans l’espoir de revivre un glorieux passé, soit parce que vous militez en faveur de la préservation des rivières, et qu’il vous est impossible de tourner le dos aux multiples agressions qu’elles subissent chaque jour.

Car la réalité, c’est que le Rhône est tellement peu productif sur le plan piscicole que les responsables de la pêche des autres cantons suisses  ne me croient tout simplement pas lorsque j’en annonce les chiffres !

L’Arve, malgré l’amélioration progressive de la qualité de ses eaux, a quasiment perdu la totalité de ses ombres et de ses truites. Même les pêches électriques de l’Etat font chou blanc ! 

La dernière grande victoire pour la qualité de nos eaux remonte au début du 21ème siècle, lorsque M. Robert Cramer avait négocié avec les communes du Pays de Gex l’assainissement de l’Allondon. Depuis, une partie des eaux usées de Saint Julien se déverse toujours dans l’Aire, les collecteurs  d’eaux pluviales produisent des pollutions chaque année, et les petits cours d’eau du canton voient leur eau de source capturée et pompée avant même qu’elle n’atteigne le lit de nos rivières !

Alors, quand un projet privé de transport individuel vient réduire des surfaces de pêche déjà bien amputées, et augmenter le trafic sur le dernier écosystème qui permet de capturer quelques poissons, les pêcheurs, amateurs et professionnels, disent NON !

Que le Conseil d’Etat démontre sur le terrain, et pas sur facebook ou dans de beaux discours, qu’il est capable d’améliorer le sort de nos cours d’eau.

 

Christophe Ebener

01/04/2018

Régulation des oiseaux piscivores : les silures géants de la Saône bientôt dans le Rhône genevois !

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18 mois. C'est le temps qu’il a fallu au Service de la Biodiversité de l’Etat de Genève pour mettre sur pied une nouvelle stratégie de lutte contre les oiseaux piscivores.

Depuis juin 2016, on sait en effet que certains silures géants de la Saône, dont la longueur dépasse largement 2 mètres, sont spécialisés dans la capture des grands cormorans (1).

Suggérée une première fois par la Commission de la Pêche l’automne dernier, l’idée de transférer ces immenses silures dans le Rhône genevois pour réguler sa population d’oiseaux piscivores a rapidement convaincue l’inspecteur de la faune, Gottlieb Dandliker, qui explique que « la prédation des silures sur les grands cormorans est particulièrement efficace en raison des remous provoqués par les oiseaux lorsqu’ils disparaissent sous les flots. Il apparaît, en effet, que leurs congénères, traumatisés par cette vision atroce, désertent rapidement les lieux. »

Le député et grand philosophe Jean Romain a ensuite été chargé de convaincre la sous-commission de la régulation de la faune que de se faire manger par un silure est nettement plus acceptable, moralement parlant,  que de se faire tirer par des gardes de l’environnement suréquipés et surentrainés.

Après de nombreux suivis télémétriques, qui ont permis d’identifier les silures spécialisés dans la prédation de ces oiseaux, les premiers spécimens ont été capturés en France, et sont actuellement en quarantaine. Une fois les certificats vétérinaires délivrés, ils passeront la frontière.

La remise à l’eau de ces poissons géants est prévue à la fin du mois d’avril. Elle aura lieu à l’aval du barrage du Seujet, car c’est là que la prédation des cormorans est jugée la plus importante sur les rarissimes truites du Rhône, qui se retrouvent bloquées dans leur migration à l’aval immédiat des turbines.

 

Christophe Ebener

(1) "L’installation du silure dans le bassin du Rhône : bilan de trois décennies de suivi de l’espèce" , page 37

23/03/2018

Oui, la disparition annoncée des oiseaux est une bonne nouvelle !

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L’absence d’une réaction politique forte à l’annonce, attendue, de la disparition probable des oiseaux dans nos campagnes est parfaitement logique, car elle s’inscrit dans une tendance, à l’œuvre malheureusement depuis des décennies, qui fait de la nature un espace abstrait dans lequel les émotions et la justice sociale, piliers historiques et fondateurs des mouvements de protection de l’environnement, n’ont plus droit de cité ! Etonnant, alors que c’est l’inégale exposition aux risques environnementaux et aux pollutions qui a fait naître ces mobilisations, à l’origine donc populaires !

Depuis, il faut reconnaître que la situation a bien changé. La protection de l’environnement et de la biodiversité est devenue une affaire de spécialistes, dans laquelle la diversité des liens et des relations que nous tissons avec le monde vivant n’est plus prise en compte.

Par exemple, on expliquera à tel ou tel pêcheur que son combat en faveur de cours d’eau libres et propres n’est légitime que si il renonce à y soutenir la pêche avec des poissons non indigènes... Où on dira à cette association d’habitants que sa pétition, qui s’oppose à l’abattage de platanes, est inutile, puisqu’une haie vive va être plantée quelques kilomètres plus loin, en compensation.

Et pourtant ! Les truites, qu’elles soient européennes ou américaines, ou nos platanes hybrides, introduits en Europe au XVIII è siècle, réunissent autour d’eux bien plus d’énergie positive et de sympathie que l’inconnu Spirlin, ou la disparue Pirole en ombrelle.

Heureusement, avec la disparition annoncée des oiseaux, ce n’est cette fois plus la nature abstraite de tel ou tel universitaire qui est en jeu, mais, enfin, nos émotions et nos représentations symboliques. La crainte d’un printemps silencieux est universelle, et s’adresse autant à notre raison qu’à nos cœurs.

Dans la rue, lorsque mes amis pêcheurs et moi-même récoltons des signatures pour l'initiative future3,  les gens, pressés et agacés par les élections genevoises, s’arrêtent pourtant tous à l’évocation d’un printemps sans chant d’oiseaux. En une journée, certaines fédérations cantonales récoltent ainsi plus de trois milles signatures.

La disparition annoncée des oiseaux est donc une bonne nouvelle. Elle rappelle aux intellos et aux conservateurs de la nature que leur combat ne sera gagné que lorsqu’ils intégreront les facettes sociales et culturelles de la nature. Ces dernières sont une arme mobilisatrice, et pas une perversion qu’il faut combattre!

 Les oiseaux disparaissent. Grâce à eux, et à ce qu’ils représentent, une lame de fond est en train de naître Un lien lumineux s’est enfin allumé entre nous tous et le monde vivant.

Le pouvoir en place a-t-il conscience du tsunami qui va s’abattre ?

 

Christophe Ebener

19/03/2018

Exclusif, la TDG lance une campagne contre Pierre Maudet!

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Après Serge Dal Busco et Mauro Poggia, solides tous les deux, c’est Pierre Maudet qui est la cible des Scuds de la Tribune de Genève.

L’édition de hier illustre parfaitement à quel point le tir est intense et précis. Une grande photo, et trois articles en une !

En attendant que le journalisme d’investigation réponde aux nombreuses interrogations que cet assaut ne manque pas de poser, (qui a intérêt à fusiller ainsi un tel candidat et pourquoi ? Quels sont les liens de ce groupe avec la presse ? Quels sont ses desseins politiques ?), une chose est certaine :

Avec une telle force de frappe contre lui, le PLR risque bien de ne plus avoir de conseiller d’Etat !

Ça fait peur.

 

Christophe Ebener

14/03/2018

Quelle nature pour demain ?

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 « La biodiversité de notre pays est en danger, notamment en raison des changements climatiques, et elle a urgemment besoin d’être protégée ». Cet impératif, en grande partie propagé par l’office fédéral de l’environnement, a été largement repris dans tout le pays.

Pourtant, la biodiversité n’a pas peur du changement. Ainsi, il y a moins de 20 000 ans, le plateau suisse était recouvert par les glaces, et le niveau des océans était 120 mètres plus bas qu’aujourd’hui. Les espèces animales et végétales qui peuplent aujourd’hui notre région sont ainsi le reflet de multiples épisodes glaciaires qui, à chaque fois, ont éradiqué les espèces établies, offrant par contre à d’autres la possibilité de conquérir de nouveaux territoires durant les périodes plus chaudes, depuis la méditerranée et la région ponto-caspienne.

Et puis, n’oublions pas que cette biodiversité est, en Europe du moins, en grande partie le produit des activités humaines, et ce depuis des siècles, voir des millénaires ! Certains poissons que nous consommons aujourd’hui ont été introduits par le romains il y a 2000 ans, fleuves et rivières ont été transformé depuis le Moyen-Age, et les alpages que nous chérissons, les bocages du plateau suisse dans lesquelles nous aimons nous promener, ou nos paysages viticoles remarquables sont le reflet de nos pratiques agricoles et pastorales. Même les hauts lieux de la nature sauvage romande sont, pour la plupart, sévèrement entretenus pour être maintenu dans un état stationnaire !

La biodiversité est donc le produit du changement, de la contingence et des activités humaines. C’est d’ailleurs bien le seul point positif qu’on peut trouver au réchauffement climatique: il révèle la véritable nature du monde vivant. Si l’on a ainsi pu croire, au rythme de nos existences, que la nature était stable et prévisible, la rapidité avec laquelle le climat et les écosystèmes évoluent met tout le monde d’accord, et nous oblige à nous tourner vers l’avenir. La trajectoire que vont suivre nos écosystèmes face à cette nouvelle contrainte climatique est toutefois en partie inconnue. Ce qu’il y a de certain en revanche, c’est que la biodiversité continuera à exister. Elle sera certainement différente, mais elle sera là.

Or, bien qu’il soit compréhensible de vouloir revenir en arrière face aux incertitudes qui s’annoncent, ce réflexe n’en est pas moins profondément contre-productif. En effet, la nature est un produit de l’histoire, et elle ne passe jamais deux fois par le même chemin. Vouloir la recréer telle qu’elle était hier, ou même la conserver telle qu’elle est aujourd’hui, revient donc à subir le changement, sans même en explorer les opportunités !

Il est donc temps d’inverser notre regard. La priorité est donc moins de conserver la nature que d’offrir à notre environnement des conditions cadres qui permettront au monde vivant et aux humains qui l’habitent de continuer à cohabiter le mieux possible. Il faudra donc assurer, tâche immense, la qualité des sols et des eaux, mais également, et c’est tout aussi important, offrir une véritable souplesse législative aux cantons pour qu’ils puissent gérer leur nature en fonction des particularités et des demandes locales.

Choisir plutôt que subir, c’est aussi réformer, tout en les généralisant, y compris aux villes, les programmes (maladroitement) intitulé de « renaturation », de manière à ce qu’ils prennent aussi en compte les demandes des citoyens sur leur environnement, et pas seulement celles des biologistes les plus conservateurs, comme c’est encore trop souvent le cas aujourd’hui.

 Nature et culture ne sont donc pas deux entités qui s’excluent l’une et l’autre, mais au contraire deux facettes d’une réalité sur laquelle nous devons agir pour que la biodiversité de demain soit celle dans laquelle nous voulons vivre, et pas celle qui nous sera imposée par l’inaction et les changements climatiques!

Evidemment, il y aura des tâtonnements et des erreurs, mais pas plus qu’en s’arc-boutant sur le passé. Au moins, nous nous serons offert la possibilité d’influencer positivement les bouleversements qui s’annoncent, et une belle aventure collective.

Notre jardin d’Eden est derrière nous. Il est donc temps d’en construire un nouveau.

 

Christophe Ebener

13/03/2018

Faut-il assainir ou enterrer l'Aire ?

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 Dans un rapport qu’il vient de publier, le service de l’écologie de l’eau (SECOE) du canton de Genève présente, de manière exhaustive et détaillée, une étude de la qualité de l’Aire, cours d’eau renaturé à coup de dizaines de millions, dont les rives ont été spécialement aménagées pour attirer les promeneurs et la biodiversité locale.

Et bien, le moins qu’on puisse dire, c’est que, les uns comme les autres, ils ont du mérite de fréquenter ce cours d’eau! A ce niveau là, c’est presque de l’inconscience !

Car, dans tous les domaines, les indicateurs sont au rouge !

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Du roundup, il y en a partout, à haute dose. Des phosphates, des nitrates, à des concentrations qu’on ne voit plus ailleurs depuis une décennie. Des métaux lourds, cuivre et zinc, en veux-tu en voilà. Et puis, des résidus médicamenteux, des anticorrosifs, et des bactéries fécales, autant que vous voulez, témoins que là haut, une partie des égouts se déverse directement dans la rivière !

Avec des conditions environnementales aussi désastreuses, la vie aquatique est décimée. Ne subsistent plus que les poissons, insectes ou algues les plus résistants, ou ceux, les plus chanceux, qui peuvent mettre leur métabolisme au ralenti en été, période durant laquelle la qualité de l’eau est la plus mauvaise.

Avant que le dernier tronçon de ce cours d'eau ne soit remis à ciel ouvert, en pleine ville, dans le cadre du projet Praille-Acacias-Vernets, il serait peut-être temps de rendre l’Aire compatible avec les exigences de nous autres, humains.

Car des moyens d’agir, il y en a ! On sait depuis des années que le réseau des eaux usées de Saint Julien est poreux, et se déverse dans la rivière. Pourquoi n’a-t-on pas traversé la frontière, pour mettre ce thème en haut de la pile des dossiers urgents ?

Et que dire des pollutions d’origine agricole ? Il faut refuser de s’y habituer ! Les progrès réalisés dans le canton montrent d’ailleurs que des mesures efficaces peuvent être mises en œuvre.

Le problème, c’est que tout le monde, du Conseil d’Etat à la Commission de l’environnement et de l’agriculture du Grand Conseil, a autre chose à faire.

Les mêmes élus produisant les mêmes effets, il n’y a aucune raison que la situation s’améliore à l’avenir.

Alors, l’Aire, on la raie de la carte, ou on bouge enfin ?

 

Christophe Ebener

02/03/2018

Malgré l’idolâtrie du renouvelable, venez signer la pétition des pêcheurs genevois !

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C’est une nouvelle religion, ou quoi ? A chaque fois que le mot est prononcé, il n’est plus permis d’émettre la moindre critique. Il faut croire que l’énergie, lorsqu’elle est renouvelable, est forcément pure et parée des meilleures intentions.

Même lorsqu’elle démolit les 25 kilomètres de rives du Rhône genevois, et qu’elle confine les milliers de baigneurs du canton aux quelques pontons de la Jonction.

Pourquoi ne faudrait-il pas la remettre en cause, cette énergie renouvelable, lorsqu’elle fait du Rhône un si triste émissaire du Léman, pourtant riche et productif ?

Renouvelable ou pas, l’énergie est produite par des grands groupes industriels, qui obéissent à des contraintes économiques et politiques, et à ce titre, elle mérite que les citoyens la considèrent avec un œil critique. Par exemple, les variations rapides et imprévisibles du débit du Rhône, déclenchées par le barrage du Seujet, ne permettent pas de produire plus de courant électrique. Elles visent simplement à produire ce courant au moment où la rentabilité économique est la plus élevée !

Pour quelques millions chaque année, les genevois sont donc sensés faire de leur fleuve une vue de l’esprit, sans espoir de pouvoir y aménager un jour des plages ou des buvettes. Combien de fois avez-vous plongés vos pieds dans l’eau fraîche du Rhône, en dehors de l’espace minuscule de la Jonction ? Probablement jamais.

Combien de frayères de truites lacustres avez-vous compté cet automne ? De zones annexes propices à nos oiseaux ou à nos batraciens ? Elles se comptent sur les doigts de la main, car un fleuve qui voit chaque jour son débit passer du simple au quintuple n’est pas un fleuve favorable à la diversité biologique.

De cette situation, les pêcheurs ont assez. Pas fous, ils ne s’opposent pas à l’énergie hydroélectrique en tant que telle, mais seulement à la manière brutale dont celle-ci est produite par les Services Industriels de Genève Parce que quelques dixièmes de pourcent de leur chiffre d’affaire ne justifient pas qu’on fasse du Rhône genevois un canal escarpé, dont ni la nature ni les humains ne peuvent profiter.

Ils ont donc lancé une pétition, qui demande l’arrêt des éclusées du Rhône.

Amis de la nature et de la baignade, il est temps de la signer sur monrhone.ch!

 

Christophe Ebener

 

 

17/01/2018

Ça, c'est la pêche genevoise...

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Les chiffres des captures de poissons par la pêche de loisir dans le canton de Genève sont enfin connus pour l’année 2016. Et ils font mal. Jugez plutôt, et tenez vous bien !

Sur le Rhône, cours d’eau principal du canton, il s’est capturé moins d’une truite par année et par pêcheur ! Et pourtant, chaque pêcheur du Rhône y est allé en moyenne 15 fois…En cette année 2016 de vidange du Rhône, le nombre total de truites capturées a même été divisé par 3 par rapport à l’année précédente ! Et ces chiffres catastrophiques ne concernent pas seulement les truites, puisque les captures de perches et de brochets ont elles aussi chuté dramatiquement. Une démonstration navrante que les autorités politiques et les services industriels de Genève, malgré l’autosatisfaction dont ils font preuve, sont toujours incapables de gérer ce fleuve sur des bases compatibles avec la vie aquatique, la protection des animaux et la conservation des espèces.

Sur l’Arve, rivière exceptionnelle pour la pêche de loisir il y a quelques dizaines d’années, le résultat n’est guère meilleur, puisque les pêcheurs y capturent, en une année, à peine à deux truites chacun. Et encore, il leur faut en moyenne plus de 10 sorties pour y parvenir ! Quand aux ombres de rivière, si particuliers sur ce cours d d’eau, et autrefois si abondants, il ne s’en capture pas depuis des années…

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Sur la Versoix, moins de 100 truites sont capturées en moyenne chaque année, ce qui représente 0,5 truite par an et par pêcheur. Et pourtant, il y a moins de 30 ans, le mythique retraité à la pipe qui m’a appris à pêcher à la mouche capturait, à lui tout seul, et en mouche sèche s’il vous plaît, la technique de pêche la moins rentable au monde, plus de 100 truites chaque année !

Pour ce qui concerne l’Allondon, les chiffres sont proches du néant, mais ils avaient déjà été précédés par des pêches scientifiques désastreuses.

Sur les petits cours d’eau comme l’Aire ou la Seymaz, les poissons capturés sont probablement tous issus du repeuplement. Sans ces derniers, les pêcheurs en auraient désertés les rives depuis longtemps.

Evidemment, la pêche de loisir dans le canton ne s’arrête pas seulement à ces chiffres déprimants. Il y a la joie des petites victoires, comme la prochaine renaturation du Nant de Pralie, qui devrait offrir quelques dizaines de frayères supplémentaires à l’Allondon. Ou la timide satisfaction de constater, qu'après des années de lutte,  l’administration reconnaît enfin que l’état de sécheresse quasi permanent de nos rivières n’est pas uniquement provoqué par le manque de pluie, mais aussi par des captages d’eau très importants en France voisine.

Seulement voilà, face à l’absence d’améliorations concrètes sur le terrain, c’est la colère qui l’emporte en ce moment.

 

Christophe Ebener