13/03/2018

Faut-il assainir ou enterrer l'Aire ?

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 Dans un rapport qu’il vient de publier, le service de l’écologie de l’eau (SECOE) du canton de Genève présente, de manière exhaustive et détaillée, une étude de la qualité de l’Aire, cours d’eau renaturé à coup de dizaines de millions, dont les rives ont été spécialement aménagées pour attirer les promeneurs et la biodiversité locale.

Et bien, le moins qu’on puisse dire, c’est que, les uns comme les autres, ils ont du mérite de fréquenter ce cours d’eau! A ce niveau là, c’est presque de l’inconscience !

Car, dans tous les domaines, les indicateurs sont au rouge !

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Du roundup, il y en a partout, à haute dose. Des phosphates, des nitrates, à des concentrations qu’on ne voit plus ailleurs depuis une décennie. Des métaux lourds, cuivre et zinc, en veux-tu en voilà. Et puis, des résidus médicamenteux, des anticorrosifs, et des bactéries fécales, autant que vous voulez, témoins que là haut, une partie des égouts se déverse directement dans la rivière !

Avec des conditions environnementales aussi désastreuses, la vie aquatique est décimée. Ne subsistent plus que les poissons, insectes ou algues les plus résistants, ou ceux, les plus chanceux, qui peuvent mettre leur métabolisme au ralenti en été, période durant laquelle la qualité de l’eau est la plus mauvaise.

Avant que le dernier tronçon de ce cours d'eau ne soit remis à ciel ouvert, en pleine ville, dans le cadre du projet Praille-Acacias-Vernets, il serait peut-être temps de rendre l’Aire compatible avec les exigences de nous autres, humains.

Car des moyens d’agir, il y en a ! On sait depuis des années que le réseau des eaux usées de Saint Julien est poreux, et se déverse dans la rivière. Pourquoi n’a-t-on pas traversé la frontière, pour mettre ce thème en haut de la pile des dossiers urgents ?

Et que dire des pollutions d’origine agricole ? Il faut refuser de s’y habituer ! Les progrès réalisés dans le canton montrent d’ailleurs que des mesures efficaces peuvent être mises en œuvre.

Le problème, c’est que tout le monde, du Conseil d’Etat à la Commission de l’environnement et de l’agriculture du Grand Conseil, a autre chose à faire.

Les mêmes élus produisant les mêmes effets, il n’y a aucune raison que la situation s’améliore à l’avenir.

Alors, l’Aire, on la raie de la carte, ou on bouge enfin ?

 

Christophe Ebener

01/03/2018

Enfin une ville qui applique le programme des Verts !

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Ce matin, il y avait, à Genève, plus de piétons que de voitures. Des gens amusés sur les trottoirs. Moins de bruit que d’habitude. Une ambiance feutrée, carrément paisible.

A croire que, à peine déposée, l’initiative des Verts pour une ville moins bruyante et moins polluée est déjà appliquée.

Génial, non ?

 

Christophe Ebener

11:42 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (5)

22/02/2018

Les valaisans aiment leur Rhône ! Et vous?

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Sans aide à la réalisation de l’Office fédéral de la culture, c’est le genre de film qui n’aurait jamais dû voir le jour.

Il parle du Rhône, de ceux qui l’aiment ou le craignent. On y voit certains espérer le retour des truites, tandis que d’autres, se souvenant de ce qu’est un fleuve sauvage, redoutent de le voir ronger à nouveau leurs terres. Avec respect et sans jugement de valeurs, la réalisatrice Mélanie Pitteloud les a tous écoutés, en un récit passionnant qui donne envie d’aller au bord de l’eau.

Grâce à la RTS, à Cinéforom, au canton du Valais et à ses multiples communes, fondations et associations, « Dans le lit du Rhône » a finalement pu être réalisé. En quelques semaines, il a fait, dans son canton d’origine, puis en Romandie, des milliers d’entrées.

Ce mercredi 28 février, à 20h45, le film sera projeté dans la grande salle du cinéma Bio, à Carouge. Une occasion unique de montrer notre attachement à ce cours d’eau, et d’en parler ensuite avec quelques uns, dont le soussigné, qui aiment s’exprimer en son nom.

Le bon moment, aussi, pour signer la pétition que la Fédération Genevoise des Sociétés de Pêche s’apprête à lancer pour sauver ce fleuve.

 

Christophe Ebener

 

24/01/2018

Bien plus qu’un luxe, la truite lacustre

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Comme tout produit de luxe qui se respecte, elle coûte cher, la truite lacustre. Pour qu’elle subsiste, il faut en effet que sautent les obstacles qui jonchent nos cours d’eau, car ils s’opposent à son cycle biologique. Il faut ensuite lui offrir des rivières aux eaux limpides, pour que ses œufs puissent se développer, et ses alevins grandir un peu, avant leur départ pour le Léman. 

Et puis, pour la pêcher, il faut prendre son temps. Préparer le bateau et des dizaines de lignes, trainer ensuite au ralenti ces dernières juste sous les vagues, là ou les lacustres sont en chasse en ce mois de janvier. Et ensuite, travailler. Car à chaque fois qu’un de ces saumons prend à une ligne, c’est toujours, bon sang, celle qui est à l’extérieur ! Il faut donc enlever toutes celles qui la précèdent, elles sont vides, avant de ramener celle qui a ferré le poisson. Ensuite, tout remettre à l’eau, et on recommence.

Enfin, il y a le poisson proprement dit. Massif, argenté, des nageoires surdimensionnées.

Dans la cuisine, la chair se révèle dans toute sa splendeur. Contrairement aux truites ou au saumons d’élevage, dont la chair grasse est artificiellement rosée à l’astaxanthine, celle des truites lacustres est tendue par les muscles et orange vif. Summum de la bienséance, les truites lacustres que j’ai pu voir ces derniers jours avaient l’estomac rempli…de perches!

Poisson mythique du Léman et de ses affluents, la truite lacustre a pourtant disparu de son émissaire, le Rhône. La faute, une fois de plus, au barrage du Seujet, qui verrouille la sortie du lac et modifie chaque jour le débit du fleuve.

Après tous les efforts consentis, des centaines de millions dépensés pour améliorer la qualité de l’eau du lac et renaturer nos cours d’eau, il est temps que l’Etat s’engage, le coût ne sera pas élevé, afin que le fleuve autour duquel s’est construite notre ville soit compatible avec la survie de ce poisson hors du commun.

Car plus qu’un produit de luxe, la truite lacustre est un poisson pilote pour les sociétés humaines. Là où elle prospère, les humains vivent mieux ! Un jour peut-être, vous vous baignerez, à la bernoise, sur les kilomètres d’un Rhône genevois renaturé et libéré des éclusées. Ce jour là, assurément, les truites lacustres vous accompagneront.

Ça vaut la peine d’essayer, non ?

 

Christophe Ebener

14/12/2017

Eclusées du Rhône : et la souffrance animale dans tout ça ?

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Depuis des années, il n’est plus possible de créer des parcours de pêche « no kill » en Suisse (des parcours où les pêcheurs doivent relâcher la totalité des poissons qu’ils capturent), alors même qu’ils sont très efficaces pour préserver durablement les ressources piscicoles, parce qu’une ordonnance fédérale l’interdit au motif qu’ils sont incompatibles avec la protection des animaux. Soit.

Quand un oiseau piscivore est tiré dans le canton, c’est à dire moins d’une fois par an, ma boîte e-mail déborde de messages appelant à interdire la pêche de loisir et à ne pas tuer d’animaux sauvages. Soit.

Par contre, à chaque fois que je me ballade au bord du Rhône, et que j’y trouve des poissons échoués sur la terre ferme, morts asphyxiés, c’est l'indifférence et le silence qui me frappent ! Ces poissons ne sont pourtant pas mort naturellement. Ils sont là parce que le niveau du Rhône a baissé tellement vite que les poissons sont restés sur place, cherchant refuge dans les quelques flaques qui ont fini, elles aussi, par disparaître.

Comme cette mécanique infernale, qui fait du débit du Rhône un yo-yo passant de 50 à 550 mètres cubes par seconde, se déclenche quotidiennement, ce ne sont pas quelques centaines de poissons qui sont concernés, mais des milliers, voir des dizaines de milliers.

Amis des animaux et de leur protection, il serait temps que vous me donniez un coup de main pour que cessent ces éclusées, non ?

Christophe Ebener

 

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20/11/2017

Nature de demain : tout reste à inventer !

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Le travail est, semble-t-il, terminé. Le département de l’environnement, des transports et de l'agriculture a divisé par deux le nombre de collaborateurs du service de la renaturation des cours d’eau, et laisse maintenant les millions s’accumuler sur le fond qui la finance.

A croire que, une fois les premiers baigneurs de la plage Cramer arrivés, il n’y aura plus de béton à démolir, de rives à aménager, ou de nature à construire.

A quelques pas de la direction générale du département, des kilomètres de rives rectilignes et d’eau fraîche inaccessible n’attendent pourtant qu’une vision politique pour s’offrir aux genevois et à la nature.

Des terrasses aux embruns glacés, des bisses serpentant entre des aires de jeux, des baignades à la bernoise, des poissons au centre ville, ou encore des zones inondables pour les ornithos et les herpétologues, tout cela est sous leurs yeux, possible, réalisable, finançable.

Une telle avancée pour la nature et les citadins de ce canton ne dépend même pas d’une idéologie politique ou d’un parti. Elle ne tient qu’à l’abandon pur et simple d’une frontière imaginaire. Celle que nos décideurs ont artificiellement tracée entre la nature et la culture, et qu’ils ont maintenant la plus grande peine à faire disparaître de leur tête.

Et pourtant ! La nature a sa place dans nos villes, et certains milieux naturels de nos campagnes mériteraient d’être transformés pour optimiser leur capacité à accueillir la diversité biologique et les citadins.

Un tel renversement de tendance, où tout est à faire et où rien n’est terminé, nécessitera, on s’en doute, de se libérer des chaînes qui ont lourdement contribué à maintenir le statu quo et l’inaction de ces dernières années, voir à proclamer qu’en termes de nature, tout a été fait.

Je proposerai donc ces prochaines semaines quelques textes qui nous inciterons, du moins je l’espère, à réfléchir plus librement à la nature de demain.

 

Christophe Ebener

06/09/2017

Le Rhône et ses baigneurs valent bien quelques millions !

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Depuis des années, chaque été amène son lot de tragiques décès sur les rives du Rhône. A croire que les baigneurs sont ici plus en danger qu’ailleurs. C’est en tout cas ce que confirme le Conseiller d’Etat Luc Barthassat , en charge du département de l'environnement, des transports et de l'agriculture : « l'ouverture des vannes (du barrage du Seujet) entraîne un changement de température de l'eau très rapide. Peut-être faudrait-il installer des panneaux pour indiquer quand les vannes sont ouvertes ?».

Si l’on ajoute que l’ouverture des vannes fait varier le débit du Rhône du simple au quintuple, et qu’elles s’ouvrent et se referment en fonction du prix du courant électrique, c’est à dire de manière imprévisible, et surtout pas à heure fixe , on est obligé de conclure que les baigneurs genevois ne pourront pas s’adapter à ce fichu barrage.

C’est donc à ce barrage de s’adapter à eux.

Car ces multiples variations de débit n’obéissent à aucune contrainte légale, mais résultent d’un simple calcul économique : il s’agit d’ouvrir les vannes et de produire un maximum de courant électrique lorsque son prix est élevé, et de retenir l’eau en amont lorsque le prix est bas. Comme le prix du courant électrique varie au cours de la journée, les vannes s’ouvrent et se referment au gré de ces fluctuations.

Un Rhône sans éclusée est donc aujourd’hui parfaitement envisageable.

La sécurité de la baignade s’en trouvera grandement renforcée. On pourra enfin aménager certaines sections du fleuve en faveur des citadins qui cherchent à fuir la fournaise de nos canicules,  action légitime et indispensable si il en est. D’ambitieux projets de renaturation, aujourd’hui impossibles à concevoir,  pourront être réalisés. Et pour la faune aquatique, un tel Rhône, c’est le graal !

Il est donc temps de se demander sérieusement si les quelques millions ainsi gagnés par la production électrique de pointe en valent réellement la peine.

Je dis que non. La nature et les genevois auraient tout à gagner d’un Rhône sans éclusée, alors allons-y !

 

Christophe Ebener

05/10/2016

Sécheresses à répétition : en finir avec les atermoiements

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Mon grand père n’aura peut-être vu que quelques fois dans sa vie le triste spectacle d’une pêche électrique de sauvetage, durant laquelle des techniciens cherchent à récupérer un maximum de poissons avant qu’ils ne meurent dans des cours d’eau asséchés.

Pour ma génération par contre, un tel événement est devenu habituel : quasiment une année sur deux, l’administration, la commission de la pêche et les associations de pêcheurs organisent de tels sauvetages (les derniers en date ayant lieu ces jours sur la Drize et l'Aire...), et débattent de la pertinence d’interdire ou non l’accès aux rives de nos cours d’eau tellement les débits sont faibles.

J’avais appelé, dans un précédent billet, l’administration à négocier urgemment l’arrêt des pompages et des captages des eaux de source en France voisine, afin de rendre à nos cours d’eau les 30% de débit supplémentaire qui leur manque si cruellement durant les périodes prolongées sans pluie.

La survie de nos poissons sauvages dépend cependant aussi, à Genève même, de notre capacité à leur offrir un libre accès à l’Arve et au Rhône, seules zones où l’on trouve de l’eau fraiche en quantité.

Si l’on espère donc voir autre chose que des poissons rouge ou des poissons chat dans des cours d’eau surchauffés, l’Arve et le Rhône doivent redevenir ce qu’ils étaient autrefois : un refuge pour la faune aquatique.

La mauvaise qualité des eaux de l’Arve, les brutales variations de débit du Rhône et les obstacles à la libre circulation des poissons entre l’Arve, le Rhône et les petits cours d’eau posaient déjà des problèmes importants par le passé. Aujourd’hui, leur résolution est plus urgente que jamais.

 

Christophe Ebener

20:50 Publié dans Genève, Pêche | Lien permanent | Commentaires (0)