20/10/2018

La réforme de l’imposition des entreprises est-elle une chance pour la nature et les rivières genevoises ?

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Les 400 et quelques millions qui manqueront à l’Etat, si son taux d’imposition de 13.79% passe la rampe, seront compensés par la croissance économique et les nombreux postes de travail que cette dernière ne manquera pas de créer.

Comme aucun parti représenté au Conseil d’Etat ne conteste cette idée, ni même l’ordre de grandeur du taux proposé, tout le monde est donc d’accord sur le principe que si on baisse la charge fiscale des entreprises tout en maintenant les prestations, il va forcément falloir amener du monde pour payer la différence.

C’est vrai qu’il en manque, du monde, à Genève.

C’était quoi la question, déjà ?

 

Christophe Ebener

16/10/2018

Même la pluie numérique disparaît !

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Les modèles de prévision du temps découpent l’atmosphère en cubes, à l’intérieur desquels il faut connaître avec précision les variables physiques initiales (pression, température, humidité, …), pour qu’ensuite les calculateurs puissent, via les équations de la thermodynamique, prévoir comment évolueront ces variables au cours du temps. Les modèles mathématiques utilisés dépendent fortement des conditions initiales, et de faibles variations sur ces dernières ont souvent de grandes conséquences sur les résultats finaux.

En faisant tourner plusieurs fois les modèles de prévision avec des conditions initiales subtilement différentes, on obtient une série de scénarios qui permet de tester la robustesse des prévisions, et de parler en termes probabilistes.

La carte ci-dessus montre la prévision d’ensemble du modèle américain GFS, dont on trouve les données gratuitement sur le web. Sur le bas du graphique sont données les prévisions de précipitation pour la région genevoise. Chaque courbe colorée correspond à un scénario issu de conditions initiales légèrement différentes de celles de son voisin. En rouge, la moyenne des scénarios. En noir, le scénario déterministe, c’est à dire celui dont les conditions initiales sont au plus proche de la réalité. En bleu, un run de contrôle, à la résolution spatiale plus faible.

On voit que pour les 7 prochains jours, il n’y a aucune chance d’avoir de la pluie. Pire, celui qui parie sur la persistance de la sécheresse d’ici la fin du mois est parfaitement rationnel…

En regardant l'ensemble des scénarios, on se rend compte que les signaux de précipitations, même à long terme, sont faibles parce que l'’incertitude des prévision, en particulier les températures, est liée à la position exacte des advections anticycloniques, mais pas à leur persistance historique  au dessus de nos têtes! Pour l'illustrer, voici le scénario déterministe du modèle européen ECMWF. 

 

Je crois que pour le moment, il vaut mieux laisser tourner les modèles numériques dans leur coin sans les consulter, c’est trop déprimant.

Christophe Ebener

 

 

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29/08/2018

Cours d’eau genevois : pas de bavure SVP !

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Les petits cours d’eau genevois, en particulier ceux qui voient leur eau confisquée par les communes françaises, sont en étiage extrême. La Drize, l’Aire ou la Laire, ne sont plus que des filets d’eau, dans lesquels s’écoulent moins de 20 litres par seconde! Dans ces conditions, la température de l’eau est également très élevée, et le taux d’oxygène dissout à son minimum, plaçant de nombreux organismes aquatiques à la limite de la survie.

A l’image de ce qui s’est produit dernièrement dans la Biorde, le moindre déversement d’eau de nettoyage ou de rinçage dans les grilles d’égout se traduit immanquablement par la destruction immédiate de toute la faune qui a résisté jusque là.

L’occasion de rappeler, à nouveau, que les bouches d’évacuation des eaux pluviales, nos fameuses grilles d’égout, s’écoulent pour la plupart directement dans nos cours d’eau, et que chaque année, elles sont à l’origine de pollutions sévères.

Jusqu’à aujourd’hui, il semble qu’aucun incident majeur ne soit à déplorer dans le canton. Poursuivons donc la vigilance en ces moments critiques !

Le temps, l’espoir est permis semble-t-il, qu’une véritable politique transfrontalière de l’eau se mette en place, après dix longues années d’immobilisme politique, pour qu’enfin l’eau qui manque si cruellement à nos rivières leur soit rendue !

 

Christophe Ebener

 

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Débits journaliers enregistrés le lundi 28.08.2018 exprimés en pourcentage du débit caractéristique d’étiage Q347. Le débit d’étiage Q347 représente le débit atteint ou dépassé en moyenne 347 jours par an, ce qui signifie que l'on se situe en moyenne 18 jours par an au-dessous. A noter toutefois que ce débit d’étiage représente une norme ambiguë et questionnable, puisqu’il ne fait que suivre l’abaissement problématique des débits moyen au cours du temps…

 

13/03/2018

Faut-il assainir ou enterrer l'Aire ?

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 Dans un rapport qu’il vient de publier, le service de l’écologie de l’eau (SECOE) du canton de Genève présente, de manière exhaustive et détaillée, une étude de la qualité de l’Aire, cours d’eau renaturé à coup de dizaines de millions, dont les rives ont été spécialement aménagées pour attirer les promeneurs et la biodiversité locale.

Et bien, le moins qu’on puisse dire, c’est que, les uns comme les autres, ils ont du mérite de fréquenter ce cours d’eau! A ce niveau là, c’est presque de l’inconscience !

Car, dans tous les domaines, les indicateurs sont au rouge !

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Du roundup, il y en a partout, à haute dose. Des phosphates, des nitrates, à des concentrations qu’on ne voit plus ailleurs depuis une décennie. Des métaux lourds, cuivre et zinc, en veux-tu en voilà. Et puis, des résidus médicamenteux, des anticorrosifs, et des bactéries fécales, autant que vous voulez, témoins que là haut, une partie des égouts se déverse directement dans la rivière !

Avec des conditions environnementales aussi désastreuses, la vie aquatique est décimée. Ne subsistent plus que les poissons, insectes ou algues les plus résistants, ou ceux, les plus chanceux, qui peuvent mettre leur métabolisme au ralenti en été, période durant laquelle la qualité de l’eau est la plus mauvaise.

Avant que le dernier tronçon de ce cours d'eau ne soit remis à ciel ouvert, en pleine ville, dans le cadre du projet Praille-Acacias-Vernets, il serait peut-être temps de rendre l’Aire compatible avec les exigences de nous autres, humains.

Car des moyens d’agir, il y en a ! On sait depuis des années que le réseau des eaux usées de Saint Julien est poreux, et se déverse dans la rivière. Pourquoi n’a-t-on pas traversé la frontière, pour mettre ce thème en haut de la pile des dossiers urgents ?

Et que dire des pollutions d’origine agricole ? Il faut refuser de s’y habituer ! Les progrès réalisés dans le canton montrent d’ailleurs que des mesures efficaces peuvent être mises en œuvre.

Le problème, c’est que tout le monde, du Conseil d’Etat à la Commission de l’environnement et de l’agriculture du Grand Conseil, a autre chose à faire.

Les mêmes élus produisant les mêmes effets, il n’y a aucune raison que la situation s’améliore à l’avenir.

Alors, l’Aire, on la raie de la carte, ou on bouge enfin ?

 

Christophe Ebener

01/03/2018

Enfin une ville qui applique le programme des Verts !

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Ce matin, il y avait, à Genève, plus de piétons que de voitures. Des gens amusés sur les trottoirs. Moins de bruit que d’habitude. Une ambiance feutrée, carrément paisible.

A croire que, à peine déposée, l’initiative des Verts pour une ville moins bruyante et moins polluée est déjà appliquée.

Génial, non ?

 

Christophe Ebener

11:42 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (5)

22/02/2018

Les valaisans aiment leur Rhône ! Et vous?

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Sans aide à la réalisation de l’Office fédéral de la culture, c’est le genre de film qui n’aurait jamais dû voir le jour.

Il parle du Rhône, de ceux qui l’aiment ou le craignent. On y voit certains espérer le retour des truites, tandis que d’autres, se souvenant de ce qu’est un fleuve sauvage, redoutent de le voir ronger à nouveau leurs terres. Avec respect et sans jugement de valeurs, la réalisatrice Mélanie Pitteloud les a tous écoutés, en un récit passionnant qui donne envie d’aller au bord de l’eau.

Grâce à la RTS, à Cinéforom, au canton du Valais et à ses multiples communes, fondations et associations, « Dans le lit du Rhône » a finalement pu être réalisé. En quelques semaines, il a fait, dans son canton d’origine, puis en Romandie, des milliers d’entrées.

Ce mercredi 28 février, à 20h45, le film sera projeté dans la grande salle du cinéma Bio, à Carouge. Une occasion unique de montrer notre attachement à ce cours d’eau, et d’en parler ensuite avec quelques uns, dont le soussigné, qui aiment s’exprimer en son nom.

Le bon moment, aussi, pour signer la pétition que la Fédération Genevoise des Sociétés de Pêche s’apprête à lancer pour sauver ce fleuve.

 

Christophe Ebener

 

24/01/2018

Bien plus qu’un luxe, la truite lacustre

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Comme tout produit de luxe qui se respecte, elle coûte cher, la truite lacustre. Pour qu’elle subsiste, il faut en effet que sautent les obstacles qui jonchent nos cours d’eau, car ils s’opposent à son cycle biologique. Il faut ensuite lui offrir des rivières aux eaux limpides, pour que ses œufs puissent se développer, et ses alevins grandir un peu, avant leur départ pour le Léman. 

Et puis, pour la pêcher, il faut prendre son temps. Préparer le bateau et des dizaines de lignes, trainer ensuite au ralenti ces dernières juste sous les vagues, là ou les lacustres sont en chasse en ce mois de janvier. Et ensuite, travailler. Car à chaque fois qu’un de ces saumons prend à une ligne, c’est toujours, bon sang, celle qui est à l’extérieur ! Il faut donc enlever toutes celles qui la précèdent, elles sont vides, avant de ramener celle qui a ferré le poisson. Ensuite, tout remettre à l’eau, et on recommence.

Enfin, il y a le poisson proprement dit. Massif, argenté, des nageoires surdimensionnées.

Dans la cuisine, la chair se révèle dans toute sa splendeur. Contrairement aux truites ou au saumons d’élevage, dont la chair grasse est artificiellement rosée à l’astaxanthine, celle des truites lacustres est tendue par les muscles et orange vif. Summum de la bienséance, les truites lacustres que j’ai pu voir ces derniers jours avaient l’estomac rempli…de perches!

Poisson mythique du Léman et de ses affluents, la truite lacustre a pourtant disparu de son émissaire, le Rhône. La faute, une fois de plus, au barrage du Seujet, qui verrouille la sortie du lac et modifie chaque jour le débit du fleuve.

Après tous les efforts consentis, des centaines de millions dépensés pour améliorer la qualité de l’eau du lac et renaturer nos cours d’eau, il est temps que l’Etat s’engage, le coût ne sera pas élevé, afin que le fleuve autour duquel s’est construite notre ville soit compatible avec la survie de ce poisson hors du commun.

Car plus qu’un produit de luxe, la truite lacustre est un poisson pilote pour les sociétés humaines. Là où elle prospère, les humains vivent mieux ! Un jour peut-être, vous vous baignerez, à la bernoise, sur les kilomètres d’un Rhône genevois renaturé et libéré des éclusées. Ce jour là, assurément, les truites lacustres vous accompagneront.

Ça vaut la peine d’essayer, non ?

 

Christophe Ebener

14/12/2017

Eclusées du Rhône : et la souffrance animale dans tout ça ?

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Depuis des années, il n’est plus possible de créer des parcours de pêche « no kill » en Suisse (des parcours où les pêcheurs doivent relâcher la totalité des poissons qu’ils capturent), alors même qu’ils sont très efficaces pour préserver durablement les ressources piscicoles, parce qu’une ordonnance fédérale l’interdit au motif qu’ils sont incompatibles avec la protection des animaux. Soit.

Quand un oiseau piscivore est tiré dans le canton, c’est à dire moins d’une fois par an, ma boîte e-mail déborde de messages appelant à interdire la pêche de loisir et à ne pas tuer d’animaux sauvages. Soit.

Par contre, à chaque fois que je me ballade au bord du Rhône, et que j’y trouve des poissons échoués sur la terre ferme, morts asphyxiés, c’est l'indifférence et le silence qui me frappent ! Ces poissons ne sont pourtant pas mort naturellement. Ils sont là parce que le niveau du Rhône a baissé tellement vite que les poissons sont restés sur place, cherchant refuge dans les quelques flaques qui ont fini, elles aussi, par disparaître.

Comme cette mécanique infernale, qui fait du débit du Rhône un yo-yo passant de 50 à 550 mètres cubes par seconde, se déclenche quotidiennement, ce ne sont pas quelques centaines de poissons qui sont concernés, mais des milliers, voir des dizaines de milliers.

Amis des animaux et de leur protection, il serait temps que vous me donniez un coup de main pour que cessent ces éclusées, non ?

Christophe Ebener

 

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