14/12/2017

Eclusées du Rhône : et la souffrance animale dans tout ça ?

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Depuis des années, il n’est plus possible de créer des parcours de pêche « no kill » en Suisse (des parcours où les pêcheurs doivent relâcher la totalité des poissons qu’ils capturent), alors même qu’ils sont très efficaces pour préserver durablement les ressources piscicoles, parce qu’une ordonnance fédérale l’interdit au motif qu’ils sont incompatibles avec la protection des animaux. Soit.

Quand un oiseau piscivore est tiré dans le canton, c’est à dire moins d’une fois par an, ma boîte e-mail déborde de messages appelant à interdire la pêche de loisir et à ne pas tuer d’animaux sauvages. Soit.

Par contre, à chaque fois que je me ballade au bord du Rhône, et que j’y trouve des poissons échoués sur la terre ferme, morts asphyxiés, c’est l'indifférence et le silence qui me frappent ! Ces poissons ne sont pourtant pas mort naturellement. Ils sont là parce que le niveau du Rhône a baissé tellement vite que les poissons sont restés sur place, cherchant refuge dans les quelques flaques qui ont fini, elles aussi, par disparaître.

Comme cette mécanique infernale, qui fait du débit du Rhône un yo-yo passant de 50 à 550 mètres cubes par seconde, se déclenche quotidiennement, ce ne sont pas quelques centaines de poissons qui sont concernés, mais des milliers, voir des dizaines de milliers.

Amis des animaux et de leur protection, il serait temps que vous me donniez un coup de main pour que cessent ces éclusées, non ?

Christophe Ebener

 

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20/11/2017

Nature de demain : tout reste à inventer !

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Le travail est, semble-t-il, terminé. Le département de l’environnement, des transports et de l'agriculture a divisé par deux le nombre de collaborateurs du service de la renaturation des cours d’eau, et laisse maintenant les millions s’accumuler sur le fond qui la finance.

A croire que, une fois les premiers baigneurs de la plage Cramer arrivés, il n’y aura plus de béton à démolir, de rives à aménager, ou de nature à construire.

A quelques pas de la direction générale du département, des kilomètres de rives rectilignes et d’eau fraîche inaccessible n’attendent pourtant qu’une vision politique pour s’offrir aux genevois et à la nature.

Des terrasses aux embruns glacés, des bisses serpentant entre des aires de jeux, des baignades à la bernoise, des poissons au centre ville, ou encore des zones inondables pour les ornithos et les herpétologues, tout cela est sous leurs yeux, possible, réalisable, finançable.

Une telle avancée pour la nature et les citadins de ce canton ne dépend même pas d’une idéologie politique ou d’un parti. Elle ne tient qu’à l’abandon pur et simple d’une frontière imaginaire. Celle que nos décideurs ont artificiellement tracée entre la nature et la culture, et qu’ils ont maintenant la plus grande peine à faire disparaître de leur tête.

Et pourtant ! La nature a sa place dans nos villes, et certains milieux naturels de nos campagnes mériteraient d’être transformés pour optimiser leur capacité à accueillir la diversité biologique et les citadins.

Un tel renversement de tendance, où tout est à faire et où rien n’est terminé, nécessitera, on s’en doute, de se libérer des chaînes qui ont lourdement contribué à maintenir le statu quo et l’inaction de ces dernières années, voir à proclamer qu’en termes de nature, tout a été fait.

Je proposerai donc ces prochaines semaines quelques textes qui nous inciterons, du moins je l’espère, à réfléchir plus librement à la nature de demain.

 

Christophe Ebener

17/11/2017

Que Sami Kanaan montre ses seins!

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Génial, Sami Kanaan a décidé, en bon chat de salon, qu’il ne fallait pas arbitrer. Seins nus contre burkini. Les deux portant visiblement les mêmes valeurs de liberté, on verra dorénavant l’un et l’autre dans ses piscines.

De facto, il valide donc le fait que ce qui n’est pas caché est offert, même à l’heure du bain ! Et donne raison à tous ceux qui estiment qu’une paire de fesses ou de seins par trop visible est soit une provocation, soit une invitation silencieuse à un coït rapide. 

Que ceux qui trouvent mes paroles exagérées tentent le coup, et passent une journée en montrant leurs rondeurs, et on verra, face à la lourdeur des regards et aux remarques salaces d’une caste d'abrutis qui se sent de plus en plus légitimée à se comporter dans l’espace public genevois comme elle le ferait dans les lieux les plus conservateurs du machisme méditerranéen, si ils ont encore envie de recommencer !

De mon côté, j’irai, encore plus qu’avant, nager à poil dans des piscines privées en compagnie de seins nus que personne, valeureux vestige de mai 68, n’aurait à l’esprit de considérer comme un blasphème ou une provocation sexuelle.

De leur côté, les électrices de Sami Kanaan continueront à devoir cacher leurs formes sous des pulls en laine et des vestes trop grandes pour elles dans les bus et les trains de nuit.

Il y a des jours où on est content de ne pas être socialiste !

 

Christophe Ebener

10/10/2017

Gestion de la nature : le vent tourne mais la loi ne suit pas !!!

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A voir le nombre de publications qui sortent sur le sujet (1), la vision, au fort relent de créationnisme, d’une nature parfaite et figée dans le temps qu’il faudrait protéger telle quelle a du plomb dans l’aile, et c’est tant mieux !

Celui qui voudra bien y jeter un coup d’œil apprendra en particulier que les espèces exotiques s’intègrent finalement assez bien à la diversité locale, et que la construction de nature hybride, capable à la fois de satisfaire une multitude de besoins humains tout en hébergeant une faune et une flore diversifiée, est parfaitement possible, voir souhaitable.

Une approche aussi dynamique, en rupture avec les pratiques actuelles qui recherchent avant tout à recréer la nature du passé, sans y arriver la plupart du temps, se construit bien évidemment sur un modèle différent. C’est un mode de gestion qui demande que l’on apprenne en faisant, que l’on agisse sur la base de connaissances scientifiques, mais aussi de savoirs empiriques, d'expériences accumulées ou de requêtes de citoyens. Mais surtout, la gestion même des systèmes écologiques évolue en fonction de la trajectoire que ces derniers suivent, et des connaissances que l’on en a. C’est donc l’antithèse de la gestion conservatrice et normative telle que nous la pratiquons aujourd’hui.

Pour y arriver, il faudra une législation flexible et réactive, ouverte aux potentialités locales, qui ne s’appuie pas seulement sur des normes et des dogmes gravés dans le marbre.

Le bouleversement climatique qui s’annonce pourrait être une occasion unique de lancer un grand débat sur la nature dans laquelle nous voulons vivre ces prochaines décennies.

Malheureusement, la législation actuelle est beaucoup trop restrictive pour qu’un tel mouvement de fond puisse déboucher sur des réalisations concrètes.

Pour être de véritables acteurs du changement, et non d’inertes marionnettes, il va falloir la changer, et vite !

 

Christophe Ebener

 

(1)Pour en savoir plus :

06/09/2017

Le Rhône et ses baigneurs valent bien quelques millions !

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Depuis des années, chaque été amène son lot de tragiques décès sur les rives du Rhône. A croire que les baigneurs sont ici plus en danger qu’ailleurs. C’est en tout cas ce que confirme le Conseiller d’Etat Luc Barthassat , en charge du département de l'environnement, des transports et de l'agriculture : « l'ouverture des vannes (du barrage du Seujet) entraîne un changement de température de l'eau très rapide. Peut-être faudrait-il installer des panneaux pour indiquer quand les vannes sont ouvertes ?».

Si l’on ajoute que l’ouverture des vannes fait varier le débit du Rhône du simple au quintuple, et qu’elles s’ouvrent et se referment en fonction du prix du courant électrique, c’est à dire de manière imprévisible, et surtout pas à heure fixe , on est obligé de conclure que les baigneurs genevois ne pourront pas s’adapter à ce fichu barrage.

C’est donc à ce barrage de s’adapter à eux.

Car ces multiples variations de débit n’obéissent à aucune contrainte légale, mais résultent d’un simple calcul économique : il s’agit d’ouvrir les vannes et de produire un maximum de courant électrique lorsque son prix est élevé, et de retenir l’eau en amont lorsque le prix est bas. Comme le prix du courant électrique varie au cours de la journée, les vannes s’ouvrent et se referment au gré de ces fluctuations.

Un Rhône sans éclusée est donc aujourd’hui parfaitement envisageable.

La sécurité de la baignade s’en trouvera grandement renforcée. On pourra enfin aménager certaines sections du fleuve en faveur des citadins qui cherchent à fuir la fournaise de nos canicules,  action légitime et indispensable si il en est. D’ambitieux projets de renaturation, aujourd’hui impossibles à concevoir,  pourront être réalisés. Et pour la faune aquatique, un tel Rhône, c’est le graal !

Il est donc temps de se demander sérieusement si les quelques millions ainsi gagnés par la production électrique de pointe en valent réellement la peine.

Je dis que non. La nature et les genevois auraient tout à gagner d’un Rhône sans éclusée, alors allons-y !

 

Christophe Ebener

12/06/2017

Mais où sont les ombres?

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Cette année, la reproduction des ombres commun est passée quasiment inaperçue au bord de l’Allondon. Pourtant, les eaux claires et basses étaient favorables aux observations.

Depuis, les retours des pêcheurs sont unanimes : les ombres sont largement moins présents que les années précédentes, elles qui avaient pourtant marqué un retour réjouissant de ce poisson particulièrement menacé en Suisse. Une brève pêche électrique conduite ce printemps suggère également que les alevins de ce poisson sont absents.

Les poissons adultes se comptent sur les doigts de la main…

Cette espèce remarquable avait pourtant fait l’objet de toutes les attentions de la part des pêcheurs. Leur capture est en effet interdite depuis des années, et la protection de leurs frayères et larves est totale, dans la mesure où il est interdit de pêcher avec les pieds dans l’eau jusqu’à ce que leurs œufs aient éclos, soit début mai.

Comment, dès lors, expliquer un tel recul ?

Une vidange du Rhône semble être passée par là. Comme il est connu que ces poissons extrêmement sensibles ont tendance à descendre dans le Rhône après la reproduction, le lien est vite fait….D’autant plus que les multiples dérangements sur la zone alluviale de l’Allondon, largement offerte aux loisirs, tendent à faire dévaler les adultes…

Bref, la cohabitation entre cette population d’importance nationale et les humains, qui exploitent si fortement leurs systèmes hydrologiques pour leurs loisirs ou la production d’énergie hydroélectrique, est à nouveau problématique et montre à quel point la survie des espèces animales les plus sensibles ne tient qu’à un fil.

Qui est prêt à en assumer la responsabilité ?

Christophe Ebener

29/05/2017

Des arc-en-ciel dans une zone villa, c’est plutôt sympa non ?

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Il y a peu, on se demandait ici même si le Rhône genevois tenait plus d’une zone villa ou d’une forêt primaire. Hé bien les pêcheurs ont tranché !

Ils ont déversé ce week end plus de trois cent kilos de truites arc-en-ciel dans le Rhône franco-genevois !

Parce que voir disparaître la pêche de loisir dans le Rhône, ça suffit.

Parce ce que faire le grand écart entre les injonctions contradictoires du Canton, de la Confédération et des protecteurs des animaux, y en a marre.

Parce que 3 barrages sur quelques kilomètres, des vidanges tous les 3 ou 4 ans et des débits qui varient du simple au quintuple dans la journée, c’est pas plus naturel qu’une truite américaine.

Et surtout parce que la nature n’attend jamais qu’un écosystème revienne à un état ancestral. D’autres espèces, telles les silures par exemple, profitent en effet de la situation pour remplir le vide laissé par nos poissons indigènes.

Finalement, les pêcheurs ont eu bien raison. Des arc-en-ciel dans une zone villa, c’est vraiment sympa !

 

Christophe Ebener

18/05/2017

Commission de la faune : le délice de l’entre-soi

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Depuis que je tiens ce blog, je défends l’idée que la nature est un enjeu démocratique réel, qui ne saurait donc être laissé à ceux qui se réjouissent d’en être les porte-paroles autoproclamés.

Or, et jusqu’à 2012, deux personnes, pas une de plus, décidaient quelles espèces animales pouvaient être régulées dans le canton, et lesquelles ne le pouvaient pas. Deux défenseurs de la cause animale, et non des protecteurs de la nature, la nuance est d’importance, ont donc pu, au sein de la commission constitutionnelle de la faune, s’opposer, et sur des bases le plus souvent sentimentales, aux décisions d’autres commissions ou des administrations, et imposer leur vision de la nature à tout un canton !

Adoptée en 2012, la nouvelle constitution genevoise effaçait la base constitutionnelle de cette commission. On s’attendait donc à ce que cette structure soit dissoute. Or, en 2015, avec la bénédiction de quelque service de l’Etat et suite à un tour de passe-passe règlementaire d’anthologie, la commission de régulation de la faune reprenait les prérogatives de l’ancienne commission constitutionnelle, et poursuivait donc son travail de sape pour que quelques fonctionnaires et deux représentants des milieux associatifs perpétuent la belle tradition genevoise de choisir, bien au chaud et entre soi, quels objectifs de conservation de la nature méritent d’être poursuivis, et lesquels ne le méritent pas.

Jeudi dernier,  le Grand Conseil avait enfin l’occasion de mettre fin à cette prise d’otage, en supprimant la base légale de cette commission. Il a décidé de ne rien décider.

Bref, à l’horizon des préférences personnelles d’une poignée de militants, les oiseaux continueront pour un temps encore à être placé en haut d’une pyramide imaginaire, et les poissons et leurs écosystèmes si menacés, en bas.

 

Christophe Ebener