04/09/2015

Protecteurs des animaux : STOP !

release.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le saviez-vous ? Une photo telle que celle-ci pourrait valoir à son auteur, pour autant qu’il ait pris ce cliché en Suisse, une amende salée ! Car la Suisse est l’un des seuls pays au monde qui interdise la capture des poissons dans l’intention de les relâcher.

Dans les pays européens et anglo-saxons, les pêcheurs à la mouche et au lancer ont en effet l’habitude de relâcher la plupart des truites et saumons qu’ils capturent, pour la simple raison qu’il n’y en aurait plus à capturer depuis longtemps si chacun d’eux redevenait un chasseur-cueilleur du paléolithique. Le contrat éthique derrière cette approche de la pêche de loisir qui consiste à relâcher les poissons que l’on capture, (« catch and release », ou « no kill ») est assez simple : la souffrance des poissons, supposée ou réelle, importe moins que l’engagement indéfectible et passionné des pêcheurs en faveur de la protection et de la réhabilitation des milieux aquatiques, qui profite aux poissons dans leur ensemble. Contrat d’autant plus facile à accepter qu’une truite capturée dans l’intention de la consommer souffre autant,  sinon plus, car les techniques de capture sont alors souvent plus invasives, qu’une truite qu’on s’apprête à relâcher….

En Suisse par contre, les protecteurs des animaux ont réussi à faire pression sur l’administration fédérale pour que la pêche de loisirs ne soit plus qu’alimentaire : ne devraient donc pêcher que ceux qui mangent les poissons qu’ils capturent. Et la chose aurait  pu aller plus loin encore, puisque certains protecteurs des animaux estiment en effet que tuer proprement un poisson pour le manger est un acte d’une cruauté telle qu’il doit être interdit… aux enfants. (voir l’article de 20 minutes…).

A Genève, les choses sont simples : si une telle loi était appliquée strictement par les quelques deux milles pêcheurs du canton, qu’on aurait ainsi voulu transformer en consommateurs plutôt qu’en gestionnaires attentionnés, les petits cours d’eau du canton auraient été vidés depuis longtemps.

Car ne nous y trompons pas, le développement économique du plateau suisse a rendu les conditions d’existence des poissons  incompatible avec une pêche de loisir quantitative.

Pourtant, et c’est là tout le problème, les protecteurs des animaux sont désespérément absents lorsqu’il s’agit de s’opposer à la destruction de l’habitat des poissons, ou à l’amélioration de la qualité de l’eau. Pire, ils laissent depuis des décennies les pêcheurs seuls au front pour lutter contre les effets dévastateurs des éclusées et des vidanges des barrages, qui anéantissent pourtant chaque année des générations entières de poissons, par un processus d’asphyxie qu’on jugera difficilement moins douloureux qu’une capture par un pêcheur.

Les protecteurs des animaux, en menaçant directement le lien émotionnel que les pêcheurs entretiennent avec les poissons et les cours d’eau, se trompent donc lourdement de cible. Libre à eux.

En revanche,  l’administration fédérale serait bien inspirée de reconsidérer la force du lobby des protecteurs des animaux à sa juste mesure, et de comprendre que ces derniers ne représentent pas l’opinion majoritaire. En 1990, lorsque les zurichois se sont prononcés sur la création d’un poste de procureur spécialement dédié à la protection des animaux, ils l’on refusé à plus de 80% . Que l’administration fédérale cesse donc une fois pour toute de courber l’échine devant leurs revendications en matière de pêche !

 

 

Christophe Ebener