28/10/2015

S’il te plaît, dessine-moi la nature !

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Je ne suis jamais autant énervé que lorsque j’entends des gens me dire que puisque je ne suis pas économiste ou chef d’entreprise, je n’ai pas mon mot à dire sur l’économie. Comme si le discours économique n’était pas truffé de normes, de valeurs, d’intérêts et de préférences personnelles ! Comme si le discours économique était aussi objectif que celui du physicien qui calcule la date de la prochaine éclipse solaire !

 Malheureusement, cette attitude, qui tente d’étouffer le débat public en cachant les normes subjectives sur lesquelles se fondent la plupart des activités humaines, est de plus en plus reproduite par ceux qui sont en charge de la nature dans ce pays !

 Ainsi, vous n’introduirez un poisson dans une rivière qu’à la condition qu’il soit issu de parents provenant exactement du même cours d’eau que le cours d’eau dans lequel vous planifiez de le relâcher.  Parce qu’une rivière est un écosystème naturel et qu’il ne faut surtout pas y introduire des poissons qui n’en sont pas vraiment originaires.  Même si les métissages augmentent la diversité génétique, ce que l’on valorise pourtant chez les humains. Même si les fameuses perches du Léman ont été introduites par les Romains, à la satisfaction de tous. Même si c’est une moule (la moule zebrée), originaire du bassin de la mer Caspienne, qui est à l’origine de l’explosion, saluée par tous, des effectifs de canards hivernants sur le Léman

 Aussi, vous ne favoriserez pas une espèce de poissons, placés sur la liste rouge des espèces menacées, en régulant par des tirs les oiseaux piscivores pourtant en pleine expansion. Parce que leur présence est naturelle. Même si, les cours d’eau, eux, ne le sont plus vraiment. Même si ces oiseaux ont largement profité des barrages que les humains ont construits sur la plupart des fleuves européens, qui ont transformés des cours d’eau autrefois vifs et puissants en succession de bassins particulièrement favorables aux oiseaux d’eau, à l’image du barrage de Verbois !

 Mais surtout,  cet argument, qui plaide pour une non-intervention en matière de nature, est de surcroît utilisé de manière très sélective. Ainsi, personne n’en fera usage lorsqu’il s’agit de tondre des hectares entiers de roselières pour éviter qu’elles ne soient colonisées par la forêt. Ou encore lorsqu’il s’agit d’introduire des moutons ou des chèvres pour préserver les praires maigres de l’envahissement par les buissons. Même si, en procédant de la sorte, on fait de facto le choix de favoriser des espèces au détriment d’autres…

 On le voit, l’usage du mot nature est à considérer avec une bonne dose de sens critique. Parce que ceux qui l’utilisent dans l’espace public le font la plupart du temps dans un sens militant, en espérant ainsi légitimer leur vision subjective de ce que doit être la nature.

 De même que l’économie n’appartient pas à Economie Suisse, la nature n’appartient donc pas à ceux qui s’en font les porte-paroles autoproclamés. Elle est un thème qui mérite d’être débattu publiquement dans les institutions démocratiques et dans les administrations.

 En particulier au Conseil National, où les pêcheurs seraient donc bien inspirés de présenter rapidement leurs arguments en faveur des truites arc-en-ciel et de la régulation des oiseaux piscivores.

Christophe Ebener

05/10/2015

Des truites arc-en-ciel, pourquoi pas ?

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Début 2010, la conseillère d’Etat verte Michèle Künzler demandait à l’administration fédérale l’autorisation de pouvoir repeupler l’Arve et le Rhône urbain avec des truites arc-en-ciel  triploïdes adultes (les poissons triploïdes ont un jeux chromosomique supplémentaire, et sont donc stériles). Ces truites d’origine américaine étant faciles à produire, une telle mesure était à la fois rentable sur le plan économique, et utile sur le plan de la gestion de la pêche, car  elle aurait permis de fidéliser les pêcheurs autour du centre ville.

La Commission de la Pêche et les sociétés de pêche, à l’origine de cette demande, avaient donc su convaincre l’administration et la conseillère d’Etat de l’intérêt de cette requête. Il faut dire que deux bureaux d’études indépendants avaient conclus que l’impact de tels déversements était quasiment nul sur les peuplements indigènes. Mieux, certains spécialistes des milieux aquatiques concluaient qu’il valait mieux laisser les truites arc-en-ciel occuper les milieux que les truites farios avaient désertés plutôt que de repeupler ces cours d’eau avec des truites farios issues de pisciculture qui pouvaient directement concurrencer les populations indigènes, tout en apportant des gènes sélectionnés en pisciculture et inutiles aux poissons sauvages.

 Malheureusement, la réponse de l’OFEV avait été négative, au motif que la loi ne prévoyait aucune exception, et qu'il était donc  inutile d’espérer pouvoir un jour introduire une espèce étrangère dans les cours d’eau suisse. L’OFEV accompagnait son argumentaire de recommandations théoriques convenues, et inutiles,  arguant entre autre que les populations de truites farios allaient se reconstituer grâce à l’amélioration de la qualité de l’eau et à la renaturation des cours d’eau.

 Depuis, le canton de Genève, déjà précurseur en la matière,  a encore investi des dizaines de millions de francs supplémentaires pour assainir et renaturer ses cours d’eau. Cependant,  alors que la nature dans son ensemble en a largement profité, la situation n’a guère évolué pour les salmonidés : ils ont quasiment disparu du Rhône urbain, de l’Arve, de l’Aire et de la Laire. Sur la Versoix, les truites adultes non migratrices se comptent sur les doigts de la main, et sur l’Allondon, la reproduction naturelle est quasi inexistante.

 Dès lors deux questions se posent à nouveau :  

1)Est-il possible de repeupler les eaux genevoises en truites arc-en-ciel ?

2) Ces repeuplements sont-ils souhaitables ?

 A la première question, la réponse est oui, mais en passant par les sociétés  de pêche françaises, qui pourraient repeupler les eaux genevoises sur les secteurs limitrophes. Il pourrait même être possible de financer des repeuplements sur certains secteurs totalement français, en assumant que les  poissons dévaleront vers l’aval. L’Arve, par exemple, conviendraient parfaitement à ce scénario.

 A la seconde question, la réponse est assurément oui ! Sur le plan économique, ces poissons de piscicultures sont largement plus rapides à produire que des truites farios. Sur le plan écologique, ces arc-en-ciel n’entrent que très peu en compétition avec les truites autochtones, et ne s’hybrident pas avec elles.  Elles ont donc leur place dans les tronçons qui n’offrent pas encore des conditions favorables aux poissons sauvages, et sur lesquels on aimerait maintenir la pêche. Enfin, sur le plan symbolique, ces poissons, qu’on ne peut pas confondre avec nos poissons sauvages,  sont au moins porteur d’un message clair : la totalité des eaux genevoises n’est pas encore assainie, et il reste encore du pain sur la planche pour que les espèces indigènes exigeantes puissent retrouver des conditions de vie susceptibles de permettre leur essor dans le futur.

 

Christophe Ebener

22/05/2015

Le label naturemade star: un emballage vide ?

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Depuis que les Services Industriels de Genève offrent ce choix, de nombreux genevois privilégient  un courant électrique un peu plus cher, mais produit dans des conditions écologiques irréprochables. Celles du label naturemade star, le plus fiable qui soit, puisqu’il « garantit le respect d’exigences écologiques supplémentaires plus sévères et étendues » selon l’organe de certification.

Comment expliquer dès lors que le barrage de Chancy-Pougny, et celui du Seujet, aient obtenu ladite certification, alors que le canton de Genève vient de conclure que l’état écologique du Rhône est le plus souvent très dégradé en raison, notamment, de l’entrave à la libre circulation des poissons et aux éclusées que produisent ces barrages ?

La réponse tient peut-être dans un examen attentif du comité qui délivre ce label. Sur dix membres, pas un seul pêcheur. Deux seulement sont membres d’une organisation de protection de l’environnement. Les huit autres sont, pour la plupart, producteurs ou distributeurs d’électricité !

Faire payer plus cher à ses clients un courant électrique que l’on a soit même certifié comme étant exemplaire sur le plan écologique pourrait prêter à sourire. Pourtant, dans la mesure où leur certification par ce label atteste qu’ils sont conformes, ce système bloque depuis des années toute tentative d’assainir ces deux barrages

Heureusement, la nouvelle loi sur la protection des eaux, issue de l’initiative Eaux Vivantes de la Fédération Suisse de Pêche, devrait changer la donne. En tout cas, depuis qu’un fond de la Confédération pourrait prendre en charge l’assainissement de ces deux barrages, plus personne ne conteste, ni aux SIG ni à l’Etat, qu’ils ont un impact important sur l’écologie du Rhône…

Il aura donc fallu attendre que d’autres payent la facture pour que le caractère ambigu du label naturemade star éclate au grand jour, et qu’enfin il soit possible d’espérer une bonne nouvelle pour toute la faune aquatique du Rhône. Belle philosophie.

 

C.Ebener

22:41 Publié dans Environnement | Tags : sig, rhône, pêche | Lien permanent | Commentaires (0)

18/05/2015

Bientôt des Oueds à Genève ?

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Imaginez un petit vallon avec de beaux galets blancs et une flaque d’eau de temps à autre. Ici s’écoulait ce printemps la Drize, l’un des cours d’eau riche en truites du canton. Ailleurs, le même spectacle : les cours d’eau genevois sont à sec !

Vous n’êtes pas dans le cauchemar d’un polytraumatisé du réchauffement climatique, mais bien à Genève, en été 2017, et le réchauffement climatique n’y est pas pour grand chose.

Car l’eau n’a pas disparu, mais elle est captée directement à sa source par les communes françaises et ré-injectée ensuite dans le circuit d’eau potable. Un peu plus bas, des pompages retirent l’eau restante pour arroser les précieuses pelouses que les golfeurs genevois aiment tellement arpenter…

Ne nous y trompons pas, ce scénario est parfaitement réaliste, car déjà à l’heure actuelle, environ 30% des débits d’étiage (et parfois nettement plus!) sont captés directement à la sources des petits cours d’eau genevois, auxquels s’ajoutent d’innombrables pompages,  comme vient de le préciser une récente étude commanditée par la Communauté de Commune du Genevois.

Sauver les petits cours d’eau genevois d’une mise à sec annuel ne semble pourtant pas une tâche impossible à surmonter, puisqu’il suffirait que les communes concernées puisent leur eau dans la nappe du Léman, quasi illimitée.

Elle nécessiterait cependant une politique transfrontalière de l’eau volontariste, et force est d’admettre qu’elle ne l'est pas actuellement.

C.Ebener

 

Oiseaux piscivores : ne tirez pas sur les pêcheurs !

piscivores, environnement, Genève

A chaque fois, le scénario est cousu de fil blanc : les pêcheurs demandent le tir de quelques oiseaux piscivores, l’administration dit qu’elle ne peut rien faire, et les amis des oiseaux dénoncent cette volonté néandertalienne qu’ont les pêcheurs à vouloir tuer ce qu’ils identifient comme des concurrents potentiels.

En vérité, l’histoire mérite qu’on y consacre quelques lignes car elle pose la délicate question de ce qu’est la nature et du rôle que les humains peuvent y jouer.

Pour la plupart des gens, est naturel ce qui ne semble pas avoir été marqué par l’homme. Force est donc d’admettre qu’aucun cours d’eau genevois n’est naturel, et ne le sera plus jamais : partout, nous imperméabilisons les sols pour construire des habitations et des routes et perturbons l’écoulement des cours d’eau. Directement ou indirectement, nous utilisons des milliers de litres d’eau par jour pour nos usages domestiques et pour la production des biens que nous consommons.  Nous imaginons ensuite,  à tort,  que les stations d’épuration sauront retirer de cette eau les milliers de substances différentes qui s’y trouvent.

Mais dans ces écosystèmes fortement humanisés, la vie ne s’en sort toutefois pas si mal, et un grand nombre d’espèces animales et végétales s’en tirent même plutôt bien. C’est le cas notamment des harles bièvre et des grands cormoran, qui profitent de l’abondance  des poissons peu sensibles aux activités humaines pour s’établir partout où ils le peuvent.

Les truites farios et ombres communs, en revanche, sont des poissons dont la tolérance aux cours d’eau qui s’éloignent de l’état naturel est presque nulle. A Genève, ce sont principalement  ces poissons que les pêcheurs recherchent sur les petits cours d’eau, à la fois pour leur qualité gustative et l’intérêt de leur pêche, mais surtout parce qu’ils habitent des lieux que nous aimons par dessus tout fréquenter : des rivières libres aux eaux claires et limpides.

Pour les préserver, les pêcheurs ont drastiquement limités leurs prélèvements, et soutiennent toutes les mesures en leur faveur.

Or, que se passe-t-il entre ces espèces sensibles et les oiseaux piscivores, qui le sont moins ?

Truites et ombres se maintiennent difficilement sur les petits cours d’eau, et restent extrêmement sensibles à la moindre perturbation. Les harles, en revanche, sont nombreux et recherchent des territoires de nidification sur l’Allondon et la Versoix car ceux qui sont sur le Léman ou le Rhône sont tous occupés. Ils nichent sur place, élèvent les jeunes, et quittent le cours d’eau lorsque celui-ci n’est plus rentable pour la pêche, c’est à dire lorsqu’il n’y a plus rien à prendre ! La situation est identique pour les grands cormorans, à ceci près que les effectifs ont carrément explosé.

La conclusion que l’on doit tirer de cet état de fait est donc assez simple :

Les oiseaux piscivores sont parfaitement à leur place sur le Rhône et le lac Léman.

Sur les autres cours d’eau du canton, tels l’Arve, l’Allondon ou la Versoix, leur présence serait bienvenue si les populations d’ombres et de truites étaient celles d’il y a trente ans. A l’heure actuelle, nos écosystèmes humanisés ne fonctionnent plus comme par le passé et il faut faire des choix : accepter la présence des certaines espèces ici et la refuser ailleurs, pour en favoriser d’autres.

La protection totale des oiseaux piscivores revient donc à nier la nécessité de gérer la nature, et resterait possible si les humains n’avaient pas décidé de s’établir et de prospérer ici. Gérer les espèces est une conséquence de notre succès. Il n’y a pas de tragédie là dedans, ni réflexe préhistorique à vouloir l’assumer.

C.Ebener

 

Les SIG peuvent sauver le Rhône !

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Dimanche soir, le Rhône est une rivière calme, qui s’écoule paresseusement entre les immeubles de la ville. Le lundi matin, ce cours d’eau a changé de visage : le débit est multiplié par cinq ou six, et un puissant fleuve déverse ses flots le long des quais. Chaque jour ce scénario se répète : lorsque la demande en courant électrique est faible, les SIG stockent l’eau en amont du barrage du Seujet. Lorsque la demande augmente, et le prix  de l’électricité avec, les vannes du barrage du Seujet s’ouvrent brutalement, pour donner aux turbines du barrage de Verbois la possibilité de produire du courant supplémentaire.

 L’impact de ces tsunamis quotidiens est immense et perturbe fortement la vie des espèces sauvages dans le Rhône. Pire, il limite drastiquement la possibilité d’améliorer la situation, car la plupart des mesures d’assainissement sont incompatibles avec ces brutales variations de débit.

Or, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la protection des Eaux, conséquence directe de l’initiative Eaux Vivantes de la Fédération Suisse de Pêche, il existe actuellement une occasion historique de sauver le Rhône !

Cette loi permet en effet aux exploitant, dans ce cas particulier les SIG, de demander à un fond spécial, financé par swissgrid (le gestionnaire du réseau de transport d’électricité suisse) le rachat des éclusées ! L’idée derrière ce principe est très simple : si les SIG gagnent 5 millions avec ces éclusées destructrices, alors le fond de swissgrid leur verse ces 5 millions, et les SIG cessent les éclusées.

Pourtant, cette mécanique  bien huilée pourrait, et c’est hautement regrettable, ne pas se produire.Notamment parce que la production d’électricité du barrage de Verbois est à l’heure actuelle, m’a-t-on dit,  le seul moyen de gérer les variations journalières et imprévisibles de la production d'électricité solaire !!! Et comme la planification cantonale indique un accroissement constant de la part du solaire, et qu’il n’y a pas de plan B, c’est sur l’hydro-électrique, et donc sur le statu quo, que comptent les SIG.

Il n’est pourtant pas tolérable d’accepter plus longtemps que ce fleuve fantastique, émissaire de l’un des plus grands lacs européens,  soit sacrifié alors que des solutions alternatives existent.

 Aujourd’hui, une opportunité unique se présente pour sauver le Rhône. La Commission de la Pêche ne s’y est pas trompée, et a publiquement pris position, à l’unanimité, pour que les SIG demandent à Swissgrid le rachat des  éclusées du Rhône.

C.Ebener

 

13/05/2015

La pollution de l’Arve n’est pas une fatalité !

 

Arve, rivière

 

Depuis samedi 2 mai, la station d’épuration (STEP) de Villette est hors service car une partie de ses installations a été détruite par la crue.  Conséquence, les eaux usées de plus de 50 000 habitants se déversent directement dans l’Arve, sans traitement.

Cette STEP aurait pourtant due être mise hors service depuis longtemps. Vétuste et largement sous-dimensionnée, les eaux qu’elle relâchait dans l’Arve étaient de mauvaise qualité au regard des standards helvétiques.

 Il y a dix ans, et devant la pression des pêcheurs, l’Etat reconnaissait cet état de fait, et s’engageait formellement à régler le problème en construisant une nouvelle STEP.

Dix ans après, le chantier n’a pas encore débuté, et les rejets polluants se déversent chaque jour dans l’Arve. Depuis le 2 mai, la situation a encore empiré.

Les usagers des communes concernées, qui payent chaque jour des taxes d’épuration aux Servies Industriels Genevois, qui ont la tâche de traiter leurs eaux usées, accepteront-ils encore longtemps de financer une telle inaction ?

 De leur côté, les pêcheurs seraient bien inspirés de demander réparation pour ces dégâts sur la faune aquatique, qui sont tout sauf imprévisibles.

Edit: 10 jours après la crue, les SIG informent que la STEP est à nouveau en service. L'épuration ne sera cependant pas optimale tout de suite. 

C.Ebener

12/05/2015

Crue de l’Arve : un signal fort pour l’abandon des vidanges!

Rhône, vidange

Depuis plus d’une décennie maintenant, les pêcheurs s’activent pour démontrer qu’une gestion passive du Rhône, c’est à dire sans vidange destructrice (voir photo ci-dessus), est possible.

Une condition indispensable  à ce scénario est que la Ville de Genève et l’Etat sécurisent la zone de la Jonction contre d’éventuelles hausses du niveau de l’Arve et de la nappe phréatique.

Jusqu’à maintenant, le discours des autorités était clairement défensif : le coût est trop élevé, et le gain environnemental pas suffisamment important, car les SIG sont capables, nous dit-on, de limiter l’impact des vidanges.

Las, devant les prochaines vidanges qui s’annoncent, et l’absence d’un discours clair sur la volonté de les abandonner à court terme, les pêcheurs songeaient à changer de stratégie pour se faire entendre.

Cette soudaine crue de l’Arve, qui a menacé un grand nombre d'habitations et d'infrastructures, saura-t-elle convaincre la Ville et l’Etat d’engager les moyens nécessaires à la sécurisation de la Jonction, et ouvrir ainsi la voie à une gestion du Rhône sans vidange ? On l’espère. En tout cas, on ne pouvait rêver d'un signal plus fort!

C.Ebener