• C’est quoi, une mort digne pour une truite lacustre?

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    Dimanche, c’est l’ouverture de la pêche à la truite dans le Léman. De nombreux pêcheurs partiront en bateau, à l’aube, pour pêcher ces fabuleux poissons à la traîne.

    D’autres visiteront, à pieds, les embouchures des rivières et du moindre ruisseau, à la recherche d’une lacustre en bonne santé. Mais ils auront peu de chance d’en rencontrer…

    Les rares poissons qui ont échappé  aux turbines des ouvrages hydroélectriques lors de leur retour vers le lac portent en effet le plus souvent la marque de leur séjour en rivière, et sont dans un état déplorable. 

    Ils sont difformes, recouverts d’une masse blanchâtre et gélatineuse. La saprolégniose s’attaque depuis toujours à ces géniteurs lorsqu’ils entrent dans les rivières pour la reproduction, mais depuis quelques années, l’incidence de cette mycose semble malheureusement en augmentation dans nos cours d’eau. Une souche particulièrement virulente de ce parasite, dont l’origine reste à définir, et en effet systématiquement responsable de cette maladie mortelle. Sa virulence semble aggravée par le stress physiologique et la pollution des eaux.

    L’attaque par ce parasite peut être tellement rapide que certaines truites n’arrivent même pas à se reproduire avant leur mort, telle cette bonne vieille mémère de 90 cm, retrouvée dans la Versoix le ventre rempli d’œufs.

    Le sort réservé aux poissons qui finiront dans mon assiette me semble largement plus enviable, finalement !

     

    Christophe Ebener

    Photo aimablement transmise par Laïla Chaoui.