16/04/2018

De braves bêtes, ces gros silures !

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Il faut aimer les gros silures. C’est en tout cas ce que suggère une étude récente de la Fédération du Rhône et de la Métropole de Lyon pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique.

D’une part, parce que leur histoire, riche en rebondissements, interroge la pertinence de séparer les espèces qui peuplent notre environnement en indigènes ou exotiques. Les ancêtres de ces poissons étaient en effet déjà présents dans le bassin du Rhône il y a 8 millions d’années, mais ils ont disparu quelques millions d’années plus tard, en raison des grandes glaciations. Depuis les zones de replis autour des mers Noire et Caspienne, ils recolonisent ensuite les lacs de Neuchâtel, Bienne et Morat, et plusieurs fleuves européens, dont le Rhin, mais pas le Rhône. Des périodes plus froides auraient à nouveau fait disparaître le silure du Rhin, il y a quelques centaines d’années. En 1968, l’introduction, par les humains cette fois, de silures issus du Danube devient le point de départ de la recolonisation de l’ensemble du bassin hydrographique du Rhône français par cette espèce.

On le voit, les humains n’ont pas vraiment fait pire, ni même mieux, que les multiples variations du climat et les accidents géologiques. Quant à savoir si le silure et les autres espèces qui peuplent nos eaux sont indigènes ou pas, il vaudrait peut-être mieux ne pas se poser la question !

Et puis, contrairement à une idée reçue, les silures ne semblent pas constituer une menace pour la biodiversité locale. Les jeunes silures, proches du mètre, seraient même particulièrement friands d’espèces invasives telles que écrevisses américaines, poissons-chats et autres mollusques (corbicules) ! Aucun impact sur les brochets et les perches du Rhône n’a par ailleurs été constaté.

Mieux encore, les silures de grande taille ont une très forte inclination pour le cannibalisme. Un spécimen de 2 mètre de long et de 50kg ingèrerait en effet chaque année l’équivalent de 7 à 12 silures de 80cm. Les gros silures réguleraient donc la taille des populations de leur propre espèce!

Le prélèvement par la pêche de ces grands spécimens pourrait donc s’avérer très préjudiciable pour les autres poissons du Rhône, étant donné leur fonction régulatrice et le temps de latence nécessaire à la constitution de ces squales cannibales (15 années).

Enfin, cerise sur le gâteau, certains gros silures de la Saône se sont spécialisés dans la consommation du Grand Cormoran !

Avec de telles qualités, c’est certain, les prochains gros silures retourneront à l’eau !

 

Christophe Ebener

Source: L’installation du silure dans le bassin du Rhône : bilan de trois décennies de suivi de l’espèce-2016

 

Commentaires

Après votre score calamiteux chez les Verts, je ne ne pensais pas vous revoir de si tôt....
Mais pour une fois le texte était intéressant.

Écrit par : Philou | 16/04/2018

Vous n'êtes pas un vrai vert, et vous n'aimez pas la nature.
Pourquoi continuez-vous à ne pas respecter la protection des animaux?

Écrit par : Sophie | 17/04/2018

Tout à fait d'accord les silures étaient déjà présent dans notre environnement!
et de quel droit l'homme peut t'il décider de supprimer un espèce ?

Écrit par : Claude Stocklin | 18/04/2018

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