30/01/2017

La concertation avec les technocrates, ça sert à quoi ?

Capture d’écran 2017-01-30 à 16.13.35.png

La plupart des chefs qui le sont devenus grâce à leurs brillantes études adorent la concertation, la planification, les réunions et toute une série de processus longs et coûteux qui se terminent en «ion », dont l'intérêt principal est d’aboutir à des décisions frileuses tout en diluant les responsabilités, et donc de se maintenir en place.

Appliqué aux eaux genevoises, cet état d’esprit n’a pas démérité : des réunions ont réuni des gens de tous bords, des indicateurs ont indiqué des milliers de choses, et des études ont conclu qu’il fallait étudier plus. Pendant ce temps, les truites ont disparu du Rhône, les captures dans l’Arve se sont effondrées, et la somme annuelle des poissons capturés dans l’Allondon est inférieure au nombre de prises conservées par un seul pêcheur dans les années quatre-vingts ! Tout cela en une génération !

La conclusion qu’il faut en tirer est simple : la concertation et ses milliers d’heures de travail bénévole n’a servi qu’à accompagner la lente agonie des rivières genevoises.

Autrement dit, les défenseurs des cours d’eau seraient bien inspirés de renoncer à leurs alliances contre-productives avec les pouvoirs en place, et de partir en croisade contre les ennemis de la vie aquatique. Sans cela, il ne restera bientôt rien d’autre que des populations en voie de disparition et des bassins d’élevage pour des truites de pisciculture.

 

Christophe Ebener

02/01/2017

A Genève, l’année 2016 s’est terminée par une orgie

coregones.jpg

Durant les fêtes, de nombreux noctambules ont arpenté les quais du lac et du Rhône. Peu d’entre eux ont pris la peine de jeter un coup d’œil par dessus bord, et pourtant, le spectacle était semble-t-il génial à voir : toutes les nuits, des milliers de féras du Léman remontaient des profondeurs pour se reproduire dans le Rhône urbain ou sur les rives du lac. Sous quelques centimètres d’eau, les mâles se battaient dans de bruyantes éclaboussures pour féconder les œufs que les femelles déposaient sur le fond.

Juste à côté, on apercevait des tanches et des carpes de plusieurs kilos qui profitaient non pas du spectacle, mais des œufs que les poissons laissaient à leur sort une fois fécondés. A l’affut, le dos quasiment à fleur d’eau, les gros brochets étaient quant à eux là pour se repaître des féras adultes.

Le matin, les poissons avaient disparu, et tout était désert jusqu’à la nuit suivante.

L’année prochaine, c’est certain, on ne les ratera pas!

Christophe Ebener