30/12/2016

Adieu flux d’ouest, je t’aimais bien !

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Il rendait nos automnes favorables aux champignons, et enneigeait nos montagnes en hiver. Des étés tempérés et des nappes phréatiques pleines au printemps, c’était aussi grâce à lui.

En son absence, la carte des dangers d’incendie est devenue toujours plus rouge, et les arbustes des haies genevoises ont perdu leurs feuilles avec plus d’un mois d’avance. Les truites sont mortes dans nos rivières asséchées et je skie depuis une semaine sur la glace des canons à neige.

Le pire, c’est que sa venue n’est même pas envisagée sur un seul scénario des modèles numériques de prévision du temps. A perte de vue, c’est bis repetita : soit un énième renouvellement anticyclonique, soit un flux méridien !

Franchement, le réchauffement climatique sans flux d’ouest, j’en veux pas !

 

Christophe Ebener

05/12/2016

A quand un parc national chez les citadins?

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Le projet d’un nouveau parc national entre les cantons des Grison et du Tessin a été rejeté par les principales communes concernées. Comme d’habitude, on lit majoritairement que c’est la peur ou une mauvaise compréhension du projet qui aurait poussé le corps électoral à s’y opposer.

Si la nature nous importe, il serait pourtant judicieux de se demander si ce n’est pas dans le concept même de ces projets que réside le problème. L’interdiction de la cueillette des champignons, de la chasse et de la pêche dans le centre de la réserve pourrait ainsi être vu comme une tentative, intrinsèquement vouée à l’échec, de « mettre en scène la nature » ou de l’enfermer dans « une réserve d’indien». (Ces mots sont de l’écrivain grisonnais Leo Tuor).

 Car le discours dominant des citadins sur la nature oppose bel et bien à une nature sauvage et vertueuse une nature de seconde zone, forcément aliénées par les humains qui y vivent. Cette séparation, purement artificielle, entre le monde naturel et le monde culturel est pourtant contreproductive, car elle empêche de penser la nature dans nos villes, nos parcs et nos friches industrielles ! On aime savoir la présence des lynx et des bartavelles à trois ou quatre heures de route, mais à côté de chez soi on trouve normal de ne voir que des lauriers rose et le chat du voisin, qui année après année, anéantit pourtant toute bête à plumes ou à écailles qui tente de s’établir. 

Le prochain parc national, c’est plutôt entre Genève et Lausanne qu’il faudrait le concevoir. Qu’on entende les citadins qui ont accepté la LAT et l’initiative Weber se prononcer sur leur environnement immédiat. Souhaitent-ils entendre des rossignols dans les haies ? Le grésillement des sauterelles et le vol des papillons au bord des trottoirs est-il plaisant ou détestable ? Veulent-ils pêcher des truites sauvages ou des poissons rouges dans le Rhône ? A celui qui regarde la nature sans jugement moral, les villes et leurs extensions révèlent leur véritable potentiel. Et qu’on ne me dise pas qu’un tel discours est une pure invention: les exemples où des aménagements simples ont permis à des zones industrielles de voir leur diversité biologique exploser sont innombrables.

Faisons donc revenir la nature vers nous plutôt que de la mettre en boîte dans les hauteurs grisonnes.

 

Christophe Ebener