13/10/2016

Les truites arc-en-ciel terrassées par les chats de salon

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Bye bye les arc-en-ciel..

Par 118 voix contre 70, le Conseil National a définitivement fermé la porte aux espoirs de ceux qui imaginaient revoir un jour des truites arc-en-ciel dans les cours d’eau suisses.

Une majorité de 118 chats de salon vit donc avec l’idée que la nature est une chose figée qui nécessite qu’on la protège telle quelle plutôt que de laisser à l’esprit humain la possibilité de la gérer intelligemment.

Cette idée est pourtant fausse parce que le monde vivant est en perpétuelle transformation depuis des millions d’années, et qu’il a toujours su profiter de toutes les catastrophes et contingences historiques pour se diversifier, sans direction privilégiée, et sans qu’une quelconque protection humaine n’ait jamais été nécessaire à sa survie ou à son développement.

Elle est même doublement fausse si l’on songe que la présence d’une espèces donnée à tel endroit plutôt qu’à un autre est le fruit du hasard, et non pas l’aboutissement d’un sage dessein ou d’un équilibre vertueux.

 Cette idée est aussi désespérante parce que la libre circulation totale des biens et des personnes, que la plupart de nos chats de salon ont soutenu et soutiennent encore, a conduit à l’installation partout dans le monde de milliers d’espèces exogènes, au hasard et sans aucun contrôle ; un tel phénomène étant mille fois plus préoccupant que l’introduction ciblée et documentée de quelques truites arc-en-ciel dans un cours d’eau.

Enfin, cette idée est navrante car elle revient à reprocher aux romains d’avoir volontairement repeuplé le Léman, il y a deux mille ans, avec des perches, des carpes et des brochets. Espèces que, sauf erreur, nous apprécions à leur juste valeur aujourd’hui.

 Mais l’idée d’une nature infiniment sage, ordonnée et conservatrice a ceci de confortable qu’elle donne le sentiment rassurant que sur un vote, tous les échecs précédents peuvent être oubliés. Au coin du feu, les chats de salon pourront donc se réjouir d’avoir refusé à une truite américaine la possibilité d’exister dans des cours d’eau suisses qu’ils ont pourtant contribué à transformer suffisamment pour que celle-ci soit la dernière à pouvoir y vivre...

On est si bien au coin du feu.

 

Christophe Ebener

Commentaires

Oui, la nature est sage. Et elle risque bien de nous éradiquer en tant qu'espèce nuisible d'envergure.
Mais l'intelligence humaine fait aussi partie de la nature et elle permet de corriger certains effets pervers que nos modes de vie engendrent.
Pour ne donner qu'un exemple, le moustique Zika est venu par avion dans nos contrées. Sans payer sa place.

Écrit par : PIerre Jenni | 13/10/2016

Encore un sale coup des bisounours ! un jour viendra ou ils n'auront plus que leurs gadgets à manger après les avoir fait mariner dans une sauce afin de pouvoir mieux les mastiquer pour mieux les digérer /rire

Écrit par : lovejoie | 14/10/2016

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