13/04/2016

2016 année du Rhône!

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C’était lors du week end de Pâques. Durant ces trois jours fériés, le Rhône, avec un débit sous les 100 mètres cubes par seconde, s’écoulait paresseusement dans la campagne genevoise. Le mardi matin en revanche, le barrage du Seujet ouvrait ses vannes pour permettre aux turbines du barrage de Verbois de produire de l’électricité, la demande étant en augmentation avec la reprise du travail. Résultat : en quelques heures, le débit a plus que quadruplé !

Les zones qui étaient favorables au frai des poissons lundi soir ne le sont plus mardi matin. Là où des zones calmes rassemblaient les alevins de l’année, on trouve maintenant un courant d’eau rectiligne et puissant.

 Comment, dans ces conditions, s’étonner que les espèces les plus sensibles aient quasiment disparu du Rhône ?

Heureusement, issue de l’initiative Eaux Vivantes de la Fédération Suisse de Pêche, la nouvelle loi sur la Protection des Eaux (LEAux) offre aux exploitants des barrages hydroélectriques la possibilité de réduire fortement l’effet négatif des éclusées, en finançant le manque à gagner que la limitation de ces éclusées induirait pour eux !

A n’en pas douter, la Confédération verrait d’un bon œil l’état biologique de l’un des plus grands fleuves européens s’améliorer, et entrerait en matière pour un tel financement. Mais le montant à disposition n’étant pas infini, il serait plus que dommage que les Services Industriels Genevois ratent cette occasion unique, et que d’autres cantons ne raflent la mise pour des projets de moindre importante écologique ! A l’heure actuelle, et vu l’absence de communication officielle sur le sujet, on peut se demander si les SIG ont développés des propositions concrètes pour faire appel au fond de la Confédération (Swissgrid) afin limiter les éclusées sur le Rhône…

Cette loi impose également, mais aux cantons cette fois, d’assurer la libre circulation des poissons, toutes espèces confondues, et quel que soit leur stade de développement. Là encore, laissera-t-on les autres cantons puiser dans le fond de la Confédération, alors que celle-ci n’attend que des proposition concrètes pour libérer enfin le Rhône de ses obstacles en finançant la construction d’échelles à poissons dignes des standards actuels, ou des rivières de contournement de barrages, comme le cas est évoqué à Verbois ?

 Le manque de communication sur ces thèmes fait actuellement craindre le pire. Genève a financé entièrement ses projets de renaturation, dont la qualité est reconnue à l’échelle nationale. Il serait dommage que le canton et SIG ne profitent pas de la LEAux et de ses financements pour faire avancer la cause du Rhône.

2016 sera l’année du Rhône, ou ne sera pas !!!

 

Christophe Ebener

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