25/02/2016

IL n'y a plus de truites dans les Eaux Chaudes et Froides, alors que tout a été tenté… sauf le tir des harles!

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Depuis plusieurs décennies maintenant, le Fishing Club Genève et la Fine Equipe, deux sociétés de pêche genevoises, travaillent d’arrache-pied sur deux petits ruisseaux qui se jettent dans l’Allondon, dans la région de Russin. Cet investissement a pour unique but d’offrir aux truites qui remontent ces ruisseaux des conditions de reproduction et de croissance optimales. Les jeunes poissons sont ensuite remis dans l’Allondon, de manière à soutenir de la meilleure des manières ce cours d’eau emblématique de la nature genevoise, qui peine à maintenir sa population de truites sauvages.

Dans les années 80, une nasse posée à l’embouchure de l’un de ces petits ruisseaux recensait en une seule nuit jusqu'à cent poissons adultes!

Depuis des années ce chiffre est en chute libre. Cet automne, seuls quelques poissons sont remontés frayer dans ces ruisseaux…

Pourtant, quasiment aucune truite n’a été prélevée par les pêcheurs du canton depuis 5 ans, car un arrêté limite drastiquement la capture de ces poissons.

Plus de 100 millions ont également été investi par la France et la Suisse pour débarrasser l ‘Allondon de son principal rejet polluant.

Alors, que reste-t-il à l’action humaine pour renverser cette tendance déprimante ?

Cesser le développement urbain sur le bassin versant de l’Allondon n’est pas réaliste. Interdire les micropolluants en France et en Suisse relève d'interventions au parlement, et la Fédération Suisse de Pêche est déjà active sur le sujet.

Il reste un domaine sur lequel nous pouvons agir : documenter la prédation des oiseaux piscivores sur les jeunes poissons, via l'analyse des contenus stomacaux. Le tir de quelques harles s’avère donc indispensable.

 

Christophe Ebener

08/02/2016

Pourquoi il ne faut pas interdire les néonicotinoïdes !

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Ils sont suspectés de faire disparaître à large échelle les insectes de nos campagnes, et sont probablement responsables de la chute dramatique des populations d’insectes et crustacés aquatiques dont se nourrissent la plupart de nos poissons.

Eux, ce sont les néonicotinoïdes, des pesticides dix mille fois plus puissants que le DDT, et dont il suffit d’enrober une graine pour que la plante dans sa totalité soit rendue toxique pour les insectes durant toute une saison !

 Présentés en grandes pompes par l’industrie agro-chimique en raison de leur faible toxicité pour les vertébrés, certains d’entre eux sont pourtant déjà interdits en raison de leur très forts impacts sur les sols, les cours d’eau et la santé humaine !

 Mobiliser des ressources humaines et financières pour favoriser leur interdiction reviendrait cependant à épuiser ces dernières pour rien ! En effet, les néonicotinoïdes sont déjà de vieilles molécules. L’industrie a eu largement le temps de développer leurs successeurs, et elle n’attend que leur interdiction pour mettre les suivantes sur le marché.

 Ce qu’il faut en réalité, c’est rendre les procédures d’homologation de ces molécules toxiques pour l’environnement beaucoup plus exigeantes. Car jusqu’à présent, la charge de prouver des dommages sur l’environnement revient prioritairement aux collectivités publiques ou à la société civile. Qui s’épuisent à rechercher des financements alors qu’elles ont toujours un train de retard.

Le problème est donc éminemment politique, et il ne sera résolu que si il existe dans ce pays une majorité pour offrir au monde agricole des produits que ces derniers pourraient utiliser sans prendre le risque d’anéantir leur sol, les eaux qui s’en échappent, et les cours d’eau vers lesquelles elles mènent.

 

Christophe Ebener